Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor, 
Commences-tu à te lasser de mes petites histoires égocentriques, de mes souvenirs d'enfance ? Car j'avais prévu de poursuivre aujourd'hui dans cette voie, mais si je sens que t'ennuies, nous pouvons tout à fait causer d'autre chose... Que vas-tu encore imaginer ? J'aime te voir retracer ton parcours d'apprenti-écrivain ! Tu vas me faire le plaisir de continuer ! Parfait !
Tu sais, Victor, mon papa avait une machine à écrire, une machine à écrire comme sur la photo jointe à cet article. Une machine à écrire ancienne, poussiéreuse, pleine de charme. Quand j'ai commencé à m'y intéresser, il ne s'en servait déjà presque plus. Alors j'ai pris le relais ! J'adorais frapper les touches, ce son sec et métallique. Je me donnais un air important. Et j'essayais de taper le plus vite possible, en tirant un peu la langue, en restant bien droite sur ma chaise. J'écrivais des poèmes. C'est drôle, je les ai toujours écrits à la machine à écrire, dans un souci de présentation claire, nette et précise ! Jamais sur du papier... Peut être parce que ma représentation de la poésie était trop "chic" pour être abaissée à une écriture d'enfant sur un cahier à grand carreaux...
Et puis un jour, cette machine à écrire a rendu l'âme. Le drame. J'avais onze ans. Et le jour de Noël... Mes parents m'ont offert une machine à écrire flambant neuve, jolie à souhait, avec ce que je considérais comme le comble de la modernité : un petit écran où je pouvais écrire mes textes, les enregistrer, et choisir de les imprimer plus tard ! Une révolution ! Cette machine à écrire, je ne l'ai plus lâchée. Les touches étaient douces, silencieuses. Il me semblait caresser du velours. Et quel bonheur de pouvoir écrire à n'importe quelle heure, de sauvegarder ses textes en se disant : "je les sortirai sur une feuille demain matin" ! J'ai passé des nuits entières à écrire là-dessus. J'ai toujours aimé écrire quand tout le monde dort. Comme si la vie se suspendait pour qu'on l'observe mieux.
Je l'ai toujours, cette machine à écrire. Elle trône sur mon bureau. Elle est en parfait état de fonctionnement. J'avoue que je m'en sers un peu moins aujourd'hui, ayant découvert les multiples possibilités de l'informatique et du traitement de texte. Cependant, j'y tiens toujours comme à la prunelle de mes yeux. Et quand je quitterai le cocon familial pour m'installer seule, elle m'accompagnera...