Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor,
J'ai obtenu mon AFPS il y a quelques temps. L' AFPS ? Attestation de formation aux premiers secours. Elle m'était nécessaire pour le concours, et très franchement, je ne regrette pas. En quoi cela consiste-t-il ? On nous enseigne les premiers soins à administrer à une personne consciente ou inconsciente, lors d'un accident, par exemple, qu'il soit domestique ou autre. On envisage toutes les situations possibles : malaise respiratoire, malaise cardiaque... Que dire ? Que faire ? Qui appeler ? Comment sécuriser les lieux de l'accident ? Comment se protéger ? Comment signaler la victime aux secours ? Toutes ces questions, j'imagine qu'on se les pose toutes un jour où l'autre, avec plus ou moins de précision. En ce qui me concerne, je dois dire que j'avais éclipsé tout élément gênant de mon esprit. On n'aime jamais penser à ce genre de choses...
Et on se dit que cela n'arrive qu'aux autres ! Mais cela n'arrive pas qu'aux autres ! L'autre jour, j'ai lu un article d'Ellalie qui traitait justement le sujet : la pauvre ! Elle a dû secourir une victime ivre : dans un premier temps, on en sourit, mais on réalise finalement qu'à sa place, on n'aurait pas fait le fier non plus ! Comme tu dis. Je l'ai lu moi aussi. Et j'en ai souri également : non pas que la situation décrite m'ait amusée, mais j'avais déjà commencé à écrire cet article sur les premiers secours, et constater combien les blogueurs peuvent se croiser dans le traitement de leur sujet m'amuse toujours. Et cela me fascine... En parlant de sujet, ce n'est pas celui d'aujourd'hui ! Tu as raison, Victor. Surtout, n'hésite pas à me faire signe si je m'éloigne un peu trop !
Cette formation aux Premiers Secours s'est effectuée à l'IUFM, sur deux jours. Deux journées intenses où tous les types de situation sont balayés, avec plus ou moins d'efficacité. Et on s'aperçoit vite que toutes les sortes de risque sont susceptibles de s'entremêler : si une victime souffre d'une fracture au bras et d'une hémorragie à la jambe, que traiter en premier ? De quel côté le mettre en PLS ? PLS ? Position Latérale de Sécurité, Victor. Si tu veux, je te montrerai. Il ne faut pas être trop souple au moins ? Parce qu'avec mes vieux os... N'aies aucune crainte.
Tu ne sais pas la meilleure, Victor ? J'espère que JAMAIS je n'aurai à me servir de ce que j'ai appris pendant ces deux jours. Secourir quelqu'un est une telle responsabilité ! Et j'ai peur de ne pas me montrer à la hauteur. Tant de risques... Quelle horreur, par exemple, de réaliser qu'une forte hémorragie peut nous faire perdre un litre de sang à la minute ! Avec les cinq litres de sang qui coule dans nos veines, on prend bien vite conscience que la vie ne tient qu'à un fil, et que c'est au secouriste de maintenir ce fil, avec tout le sang froid et l'efficacité que l'on attend de lui. C'est un tel poids sur mes frêles épaules...
On ne peut pas toujours sauver quelqu'un, malheureusement. Et si tu te trouves un jour confrontée à ce type de situation, il te faudra l'accepter, et vivre avec. C'est encore cela le plus difficile, j'imagine... Comment ne pas se sentir coupable quand on a échoué dans sa mission ? Comment faire face à la douleur de la famille de la victime, qui peut nous reprocher notre échec ? Toutes ces questions, je me les pose désormais. Et j'espère ne jamais avoir à y trouver de réponse...