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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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Des bâtons dans les roues

Mon cher Victor,tour-de-france.gif

Le Tour de France est à l'agonie. Le dopage le ronge et le fait mourir à petit feu. Enfin, excuse moi, Mirabelle, mais là, c'est plutôt l'estocade !  Tiens, tu suis le Tour de France ? De loin, disons... Qu'on le suive de loin ou de près, tout ce qui se passe en ce moment à ce sujet ne peut laisser indifférent. Détrompe toi : il y a toujours moyen d'être indifférent à quelque chose, Mirabelle... Oui, bon, d'accord...

Les équipes s'en vont les unes après les autres. Une chaîne allemande ne diffuse plus le Tour de France. Les Sponsors se retirent. Bref... C'est la berezina ! Ou pas loin. Ca n'a pas l'air de t'affecter plus que ça... Eh bien, en fait, je ne suis pas fan de cyclisme. Mais ces histoires de dopage, qui bousillent la fête tous les ans, méritent qu'on se pose deux ou trois questions.

La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que l'expression selon laquelle "l'essentiel, c'est de participer", n'a plus beaucoup de sens. C'est un peu logique : vues les sommes en jeu, on peut comprendre que les coureurs enfourchent leurs vélos pour gagner, et non plus seulement pour le plaisir de participer... Et il faut pouvoir gagner. Quand on ne peut pas naturellement, ne reste plus qu'à faire en sorte qu'on puisse, avec un petit coup de pouce : avoir recours au dopage !

Tout ça est pourtant très contrôlé et en théorie, les coureurs devraient savoir qu'ils vont se faire coincer. Eh oui, mais l'appât du gain est le plus fort ! Du coup, les coureurs tombent comme des mouches en ce moment, et parmi les mouches, les favoris. Bien fait pour eux... Au delà de cela, de la simple satisfaction d'avoir puni ceux qui trichent, il y a certains détails qui me gênent et dont j'aimerais parler avec toi.

En 1998, il y avait eu l'affaire Festina. Le coureur Richard Virenque, notamment, s'était fait prendre. Je le vois encore geindre devant les caméras (pardonne moi le ton un peu moqueur que j'emploie, mais c'est quelqu'un que je ne porte pas spécialement dans mon coeur...) et donner rendez-vous à "l'année prochaine", les yeux plein de larmes, la morve au nez, sous le crépitement des flashes. Sur son épaule, une main amicale : "Allez, Richard, allez...". Bon. Personnellement, je n'ai pas eu trop envie de le plaindre, surtout que ce monsieur a mis des années avant d'avouer qu'effectivement, il avait eu recours à des produits dopants. Et après ça, très recemment, il vient s'exprimer dans une émission, à une heure de grande écoute, et se fait plaindre, en racontant sa "traversée du désert", sa détresse, son désespoir, enfin tout ce qui pourrait laisser penser qu'il est une victime. Cela me hérisse le poil ! Oui, je vois ça... C'est comme cet ancien dopé dont je tairai le nom qui publie un livre et se fait du beurre là dessus... Où est la morale ? On se le demande ! Bref. Là n'est pas le sujet.

Et avec tout ça, ce qui me navre le plus (parfois, je ne suis pas loin de penser que certains de nos contemporains sont de sombres crétins), c'est que cet homme est toujours aussi populaire ! J'ai dans mon entourage des gens qui l'idôlatrent, et ce malgré le fait avéré qu'il ait dupé tout le monde. Alors je me dis que le changement devra être plus profond... J'ai remarqué, par exemple, que les journalistes n'étaient critiques qu'en période de crise. Dès que la tempête est passée, le coureur dopé redevient tout simplement "notre Richard national", on passe l'éponge et on oublie tout. Je me plais à penser que les journalistes ne sont pas étrangers à tout ça... Euh, qu'entends-tu par là ? Je ne crois tout de même pas que ce soit eux qui leur aient soufflé de se doper ! Nul besoin d'aller chercher jusque là.

Les journalistes sportifs ont toujours besoin de héros, dans tous les sports.
En ce qui concerne le cyclisme, on a eu le héros Armstrong, qu'on a qualifié de "ressucité" après avoir guéri de son cancer et retrouvé les sommets (c'est le cas de le dire). Tous les ans, on a eu droit à la rétro "Armstrong, le retour", avec ralenti, sueurs et phrases grandiloquentes. Jusqu'à ce qu'il se soit fait piquer, bien sûr ! C'est fait exprès, ce jeu de mots, Mirabelle ? Non. Ah, je croyais... Bon. C'est bien joli, tout ça, mais Armstrong était dopé. Les journalistes l'ignoraient, Mirabelle... Certes. Cependant, les gens (et j'en connais !) n'ont pas cessé de l'aimer et de l'admirer pour autant. Comme si... Comme si c'était encore être héroïque que de se doper pour améliorer les performances ! Comme s'il suffisait de dépasser les limites (du légal) pour décupler ses forces et étaler sa force aux yeux des télespectateurs. Car devant un coureur qui se dope, on voit la preuve que celui-ci a envie de gagner. Bon. D'accord. Je veux bien. Mais quand même...

J'aimerais qu'on ne perde pas de vue l'essentiel : la nature du sport.
Moi qui ne suis pas sportive, j'ai pourtant du respect pour ceux qui en font, et ce quel que soit l'échelle, car j'y vois le plaisir (pas pour moi, hein, pour Victor, pour les autres, quoi que bon, je me remets à courir pour mon plaisir, je le reconnais...) et ce plaisir provient de l'action et de la joie de participer. Je suis peut être un peu vieux-jeu... Mais j'espère toujours que les gens n'oublieront pas que le sport est empreint d'honnêteté (en principe), de dépassement de soi à force de travail et de foi. Sans passer par des biais douteux. J'aimerais qu'on garde tous à l'esprit (heureusement, je crois que c'est le cas pour la majorité de mes concitoyens !) que le fair-play est toujours de ce monde !

Fair-play... Littéralement : juste-jeu.
Je crois que ça en dit long sur ce que devrait être le sport. Alors que messieurs les coureurs qui se dopent (et ce n'est pas le cas de tous, ce qui est écoeurant pour les coureurs honnêtes...) essaient de s'interroger sur l'image qu'ils veulent véhiculer de leur sport, car ils sont une référence pour beaucoup de jeunes passionnés, qui pourraient croire que la fin justifie toujours les moyens. Au fond, l'idée principale de ton article se rapproche de celui-ci, Mirabelle... Oui, un peu, tu as raison.

Bref. Tout ça pour dire (après moult périgrinations...) que le dopage, c'est pas bien ! Effectivement, ton article n'est pas très original ! Je t'avais prévenu !
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H
Il n'y a pas que les sportifs, j'ai un ami, Jean-Phi, qui est trader international, et dans son milieu ils se défoncent plus qu'une équipe de cyclistes biélorusses.
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M
Et moi je ne vous parle même pas des Classes Prepa' ! Même celles de province, voui, voui, voui... ;-)
M
oui tout ça est bien complexe, mais je suis assez pessimiste, je ne crois pas qu'on arrivera à éradiquer le dopage. Et aussi, c'est bien beau de taper sur les coureurs, mais selon les spécialistes du milieu, les cyclistes sont des amateurs du dopage face à d'autres sports, les footballeurs par exemple. Les séjours de Zidane dans une clinique suisse ne sont pas faits pour se reposer c'est connu mais ça ne fait pas les gros titres de la presse, M.Zidane est un héros national, au contraire.Ceci n'est pas un argument pour excuser les cyclistes mais pour remettre les choses à la bonne place.Sur ce, je pars en vacances, j'ai trop de soleil sur la cote d'azur (lol je suis cruelle sachant que juillet a été pourri partout mais moi j'ai crevé de chaud...), je vais chercher un peu de fraicheur dans le massif central...
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M
"oui tout ça est bien complexe, mais je suis assez pessimiste, je ne crois pas qu'on arrivera à éradiquer le dopage." : je comprends que tu ne sois pas optimiste. C'est vrai que quand on se dit que la situation n'a pas ou peu changé en dix ans, il y a de quoi s'interroger sérieusement sur l'autre dizaine d'années à venir..."Et aussi, c'est bien beau de taper sur les coureurs, mais selon les spécialistes du milieu, les cyclistes sont des amateurs du dopage face à d'autres sports, les footballeurs par exemple. Les séjours de Zidane dans une clinique suisse ne sont pas faits pour se reposer c'est connu mais ça ne fait pas les gros titres de la presse, M.Zidane est un héros national, au contraire." : je suis assez d'accord avec toi là-dessus. C'est vrai que si on entend pas ou moins parler des autres sports, c'est sans doute parce qu'ils se font moins prendre et donc, les produits pris pour se doper doivent être encore plus indétectables. Pour le cas Zidane, c'est quelque chose qui m'agace assez aussi. Comme quoi les gens (et les médias !) sont capables de fermer les yeux sur beaucoup de choses quand il s'agit de bâtir un mythe..."j'ai trop de soleil sur la cote d'azur (lol je suis cruelle sachant que juillet a été pourri partout mais moi j'ai crevé de chaud...)" : oui, tu es cruelle... Donne moi donc un peu de ton soleil, il en manque cruellement par chez moi ! ;-)
H
Ce pauvre Richard Virenque, toutes les saloperies dont il s'est chargé ont fini de flinguer ses trois neurones... Je préfère Pantani, lui au moins est allé au bout.
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M
Euh... Personnellement, je n'ai pas de préférence ! Pantani était dopé aussi, c'est vrai, mais enfin je n'irais pas jusqu'à dire que je le préfère parce qu'il y a laissé sa peau ! ;-) Je ne souhaite pas non plus à Richard Virenque d'y laisser la sienne... N'allons pas si loin ! ;-)
M
je faisp artie des gens qui aiment bien richard Virenque, et je ne suis pas loin de penser que oui quelque part les coureurs sont des victimes du système. Ils subissent de grosses pressions,et s'ils ne sont pas assez performants ils se retrouvent au chomage. La carrière d'un sportif est courte, et il faut se faire remarquer dans les courses. Le dopage est une solution de facilité à court terme et personnellement je ne peux pas accabler les seuls coureurs. Mais je suis pour le renforcement des contrôles et la sanction. Malheureusement les contrôles ont toujours un train de retard sur la siences, notamment le dopage génétique commence à se développer et là c'es la niveau supérieur.   
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M
Victimes du système, je suis un peu sceptique. Qu'il y ait des pressions, ça, je n'en doute pas. Ils en subissent certainement. Mais c'est quand même dommage de céder à la tentation du dopage, même si je peux comprendre, en me forçant bien, que le désir de performances puisse y amener les sportifs. "Le dopage est une solution de facilité à court terme et personnellement je ne peux pas accabler les seuls coureurs." : à mon avis, il doit y avoir derrière tout ça de grandes luttes de pouvoir. J'ai vu un reportage récemment sur l'affaire Rasmusen (est-ce bien comme cela que ça s'écrit ?) et à propos de la polémique de si oui ou non, la direction du Tour aurait dû être avertie de l'avertissement qu'il a reçu avant que celui ci prenne le départ. Bon, apparemment, c'est très compliqué, ces affaires là, c'est pourquoi je n'ai pas envie de dire de bêtises en rentrant dans les détails, mais c'est sûr qu'il y a deux clans et je trouve très louable que la direction du tour cherche à ce point à éradiquer le dopage. C'est vrai qu'on en entend énormément parler justement parce qu'ils luttent contre ça, mais il faut bien se dire qu'il y en a certainement dans tous les sports..."Malheureusement les contrôles ont toujours un train de retard sur la siences, notamment le dopage génétique commence à se développer et là c'es la niveau supérieur." : oui, c'est ça qui est inquiétant. (Encore) dans un reportage, j'ai entendu qu'un certain produit (dont je ne me souviens plus le nom, malheureusement, mais je chercherai sur le net pour voir si je le retrouve) était indécelable depuis les années 80 je crois. Ca fait peur. Et on sait très bien, comme tu le dis, que les produits sont de plus en plus indécelables, ce qui rend difficile la lutte contre le dopage. Tout ça est tellement complexe... Je me demande combien d'années il faudra avant de parvenir à assennir le sport. Surtout quand on pense, dans le cas du cyclisme, que l'affaire Festina date d'il y a dix ans...