Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor, 
Peut-on changer par amour ? Du moins, le crois-tu, toi ? Humm... Je ne sais pas. Changer radicalement, peut être pas, mais on peut faire des efforts, évoluer... Pour l'amour de l'autre, oui... Je crois que c'est possible... Il faut toujours espérer... Pourquoi cette question ?
Je suis indécise. Partagée entre l'espoir et la perplexité. Peut-on changer du tout au tout ? Pour et par l'amour de quelqu'un ? Peut-on faire des efforts sur le long terme ? Toutes ces questions, je me les pose. Et d'où viennent ces interrogations ? De J., de moi, de nous deux... Des doutes qui ne m'ont jamais quittée. De la sensation d'être passée à côté de quelque chose...
Avons-nous fait tout notre possible pour être heureux ? Nous sommes-nous aimés assez pour y parvenir ? Quels arguments font pencher la balance en faveur de la rupture ou de la réconciliation ? Qu'est-ce qui fait qu'on revient ? Que l'on reste sur ses positions ? Que l'on réfléchit, encore et toujours ? Que l'on parte, que l'on revienne, que l'on se quitte encore...? Qu'est-ce qui joue dans nos choix ? Comment peut-on aimer d'une manière aussi confuse ?
Une deuxième chance. Faut-il l'accorder ? La refuser ? Deuxième chance... La dernière ? Est-on sur ses gardes ? Se jette-on corps et âme dans la renaissance d'une histoire que l'on croyait perdue ? De toute façon, tu n'obtiendras de réponses à toutes ces questions que si toi-même, tu expérimentes réellement ce qu'est une deuxième chance. C'est un risque, d'accord. Mais qu'y aura-t-il au bout ? Une désillusion complète et définitive, ou de l'espoir, encore ? Assez de sentiments pour continuer ? Des exigences revues à la baisse ou au contraire, peu à peu satisfaites ?
On dit que le naturel finit toujours par prendre le dessus... Que la vie est plus forte que tout, qu'elle vient à bout de tous, même des couples les plus acharnés. Comment qualifier celui que nous étions ? Peut-on évoluer ? Pacifier une relation ? J'ai peur d'être happée par mes idéaux, Victor... Tu connais le Phoenix ? Bien sûr ! C'est une créature mythique qui renaît de ses cendres ! Où veux-tu en venir ?
Je ne sais si mon amour a été réduit en cendres. Et parfois, dans un petit creux de ma tête, dans un petit creux de mon coeur, j'espère qu'il soit comme ce phoenix, capable de renaître de lui-même, et beau, beaucoup plus beau qu'avant. Est-ce utopique, dis, Victor ? Je ne sais pas. Je n'irai jamais condamner personne d'avoir la foi, d'espérer. C'est un grand sentiment, et en cela, il est bon de le cultiver. Cependant... Oui ? Je pense que tu ne poses pas bien le problème. Il n'y a pas de généralisation possible sur le couple. Il n'y a pas UN modèle : chacun fait ce qu'il peut ! Personne n'ira te juger. Personne n'ira critiquer ta volonté d'y croire encore, de donner sa chance à quelqu'un qui t'a fait souffrir. Non. Personne n'ira dire que tu aurais dû faire autrement. Personne n'est à ta place. Tu es seule maîtresse de ta vie... Et de tes amours. Et puis, permets-moi de te dire... Quoi ? Eh bien...
Tu poses beaucoup de questions, mais pas des plus centrales. Pas des plus significatives. Tu esquives le fond du problème. Je n'esquive rien du tout ! Oh, s'il te plaît ! Je commence à te connaître... J'apprends à cerner ton personnage. Tu fais de grandes phrases, de beaux discours, tu soulèves des interrogations que tu crois être existentielles, mais tes questions, à toi, tes questions personnelles, tu n'y réponds pas... Pour la simple raison que tu n'oses même pas te les poser franchement ! Ah oui ! Tu crois ça ?! Vraiment ?! Alors lesquelles, dis-moi ?! Lesquelles ?!
As-tu réellement envie de voir renaître cet amour ? Le jeu en vaut-il encore la chandelle ? De quoi as-tu peur ? Hein, Mirabelle ? De quoi as-tu peur ?