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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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Je laisse le vent emporter tout...

Mon cher Victor,

C'est le dernier article que j'écrirai dans la catégorie "Mirabelle et Johan : les amants terribles". Ah bon ? Tu n'en écriras plus jamais d'autre ? Non. J. a lu une nouvelle fois mon blog. Et cet article-ci ne lui a pas plu du tout. Il m'a fait une crise de jalousie terrible. Il a déchiré toutes les photos de nous deux, il n'y a plus rien de moi chez lui. Il m'a effacée de sa liste MSN. Il a effacé mon numéro de son téléphone portable. Il a tout effacé... Il a dit qu'il me haissait. Il n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Je peux le comprendre. Souviens-toi qu'il y a peu de temps, j'étais moi-même capable de lui dire les pires atrocités... C'était dans cet article-là. Donc je ne donnerai pas de leçon là-dessus, ce serait le comble.

Je n'ai pas pu supporter qu'il me déteste à ce point. Je l'ai aimé, tu sais, Victor, vraiment aimé. Je n'ignore pas que j'ai tendance à tout sacraliser, mais il était hors de question de le laisser partir avec cette rage, même si c'est cette rage-là, cette douleur-là que je ressentais moi-même depuis quelques temps. J'aurais pu m'en satisfaire, me dire : "c'est bien fait pour lui, il a eu tout ce qu'il méritait", mais je n'ai PAS PU. Je tiens encore trop à l'histoire que nous avons vécue pour le mépriser.

Malgré son dégoût manifeste, il m'a tout de même écoutée, et moi, moi je n'ai trouvé à prononcer que des paroles qui me ressemblent : une bonne dose de sentiments, de souvenirs, de purisme. Combien je l'avais aimé... Combien j'avais été heureuse, malgré nos différences... Garderait-il tout même un minuscule souvenir de moi ? Je n'avais pas mérité qu'il me déteste à ce point. Je n'avais strictement rien fait. J'avais juste essayé de m'en sortir, de me sentir mieux. Quel mal à ça ? Il ne devait pas faire de moi celle qui l'avait trahi, alors que je chérissais notre couple. Et ça,  il le savait...

J'allais garder les photos. Ne rien jeter de notre belle histoire. Tout garder dans une boîte, en haut d'une étagère. Et bêtement, voilà les larmes qui remontent. Je tente de lui cacher que je pleure. C'est idiot... Surtout que je n'ai jamais été aussi persuadée que nous sommes venus à bout de notre histoire.

Il ne lira plus mon blog, Victor. Il a effacé tout ce qui prouvait que j'ai existé. Il a même coupé les ponts avec ma petite soeur, et de tout ce qu'il a pu faire, c'est encore cela que je trouve le plus injuste. Il a même été jusqu'à affirmer qu'il allait éliminer toute image mentale de notre amour passé, mais ça, je sais qu'il n'y parviendra pas. Quoi qu'il dise, je resterai dans un petit coin de son esprit. On n'efface pas deux ans avec la personne qu'on a aimée, comme ça, par un claquement de doigts.

Je m'aperçois que je ne lui en veux plus de rien. Je suis déçue, simplement. Ce n'est cependant plus la même déception : je n'en suis plus à espérer qu'il sache me reconquérir, ni à élaborer des stratagèmes pour raviver la flamme. Je suis triste... C'est tout. Triste d'assister, impuissante, à la fin de notre histoire. Triste qu'il faille abandonner, renoncer. Triste de constater qu'au fond, le pire, c'est quand l'envie nous a quittés. Qu'on le sait. Et qu'on n'y peut rien.

C'était mon dernier article dans la catégorie "Mirabelle et Johan : les amants terribles". J'avais écrit beaucoup d'articles teintés d'espoir, mais aussi de lassitude. De nostalgie. De souvenirs. Des tentatives pour y croire encore, sans doute, pour me persuader que rien ne s'arrête. Qu'on ne peut pas aimer quelqu'un de tout son coeur, de tout son corps, et ne plus rien posséder, tout à coup, deux ans plus tard. L'amour est absurde. Je l'ai compris. On aime, on aime très fort... Et puis soudain, la machine se détraque. On y croit de moins en moins. On se dispute. On supprime un numéro de téléphone, on déchire des photos... Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. C'est absurde. C'est tout. Je ne vois que ça. C'est absurde... Alors je laisse le vent emporter tout.

 

 

 

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M
Oui, c'est très bien écrit! Je viens d'arriver sur ton blog et j'apprécie ce que j'y lis!Continue!Matthieu
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M
Merci merci... Je vais finir par rougir avec tous ces compliments ! :-)
K
C'est une lutte perpétuelle que de tenter de retenir le sable qui glisse entre nos doigts, mais c'est cette lutte qui constitue le piment de la vie. Rien n'est donné, le monde est à reconquérir chaque jour.
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M
La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie...
K
Un bon résumé de la vie et bien écrit (les histoires d'amour ne servent qu'à être écrites). Je me suis abonné à ta newsletter, ça m'évitera du travail de recherche, car nous les profs, nous sommes des gros flemmards et en plus, on est toujours en vacances ! (lol comme disent les jeunes) !
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M
Merci. Je crois que le plus beau compliment qu'on puisse me faire, c'est de me dire que c'est bien écrit... :-) J'aurais voulu être écrivain.... Je le veux toujours d'ailleurs, puisqu'il paraît que ma vie ne fait que commencer !<br /> Pour ce qui est de "laisser le vent emporter tout", finalement, je n'en suis plus très sûre, mais il paraît que c'est normal, en amour, de ne pas toujours savoir où on en est... J'espère bientôt pouvoir clarifier tout ça... ;-)