Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor,
Je risque d'ecrire, une fois de plus, un article sans interet, du moins aux yeux de certains, mais je ne resiste pas a l'envie de te raconter une anecdote agacante, non sans rappeler cette gaffe ! J'en deduis donc que cela a un rapport avec l'alarme a incendie ? Oh que oui !
Nuit de mardi a mercredi. Je ne dors que d'une oreille, il est aux alentours de quatre heures du matin. J'entends des rires gras dans le couloir, ceux de mes voisins, comme d'habitude ! Tu n'as pas encore ete te plaindre ?! Non. Tu es trop gentille ! Certainement. J'imagine, tout en somnolant plus ou moins efficacement, qu'ils sont tous saouls, une fois de plus, a quatre pattes dans le couloir ou que sais-je, se livrant a des activites reprehensibles telles que le fumage d'herbe. On ne dit pas "fumage", Mirabelle ! C'est pour faire du style. Ah... Encore un grand rire (c'est l'autre imbecile d'en face) et soudain...
L'alarme a incendie ! Tout juste ! Et les rires gras se poursuivent. Sophie et moi restons hebetees dans nos lits, sans trop savoir si nous devons descendre au point de ralliement. Bien sur que oui, enfin, Mirabelle ! Tu voulais cramer avec le batiment ?! Nous avons hesite, c'est vrai. Mais nous etions PERSUADEES (et nous le sommes toujours) que nos voisins avaient declanche l'alarme. Tu crois ? Ce serait bien leur genre. Ils n'ont de respect pour rien et pour personne.
Resultat, apres trois minutes de reflexion, nous enfilons nos jeans par dessus nos pyjamas, attrapons nos manteaux et rejoignons toutes ces tetes endorlies de sommeil, en petite tenue, a l'exterieur du batiment. Nous croisons nos voisins, qui sont litteralement morts de rire, les bieres a la main. Mon dieu... Parlez-moi de la jeunesse d'aujourd'hui ! Deux camions de pompiers arrivent a toute berzingue, les sirenes sont de mises et je t'assure que cela a quelque chose de surrealiste quand il est quatre heures du matin et que le marchand de sable ne demande qu'a repasser ! Surtout que cela fait bien rigoler nos voisins. C'est effectivement tres drole de faire venir les pompiers pour rien ! Oui. En toute honnetete, j'ai eu des envies de meutres ! Je me voyais tres bien, avec un grand cri de guerre, les noyer dans leurs bieres ! Bon sang... Ca me demangeait ! Tu t'es retenue, bien evidemment ! Evidemment ! Et ensuite !
Ensuite, nous avons attendu, dans le froid, pendant une quinzaine de minutes. Les pompiers ont quitte les lieux, avec des regards plein de reproches... Humm... Nous avons rejoint nos penates. Et voila. C'etait une nuit presque comme les autres, a Northampton city, pleine de bieres et d'alarmes a incendie !