Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.
Mon cher Victor,
Aujourd'hui, une anecdote assez amusante (avec le recul...) dont j'ai ete l'actrice principale le lendemain de mon arrivee ici. Ce n'est plus tout frais ! Non. Mais cela reste assez savoureux, je te le garantis !
Dimanche matin. Nous sommes arrivees la veille et Sophie et moi prenons peu a peu nos marques dans l'appartement. Dans la salle de bain, un systeme de ventilation pour le moins agacant : des que nous allumons la lumiere, il se declanche ! Un rien t'agace... Le dimanche matin, donc, alors que je viens de prendre ma douche, je n'ai qu'une obsession : stopper cette ventilation a la noix ! J'ai bien vu, juste a cote, une poignee orange pendue au bout d'un fil, et je me dis que, logiquement, cela devrait mettre fin a mes souffrances auditives. C'est donc sans hesitation (et avec tout mon coeur !) que je tire sur cette fameuse poignee et la... Stupeur et tremblements, tu as tire sur ce qu'il ne fallait pas, non ? Ben oui... C'etait couru d'avance !
Aussitot, une alarme impitoyable s'est declanchee dans tout l'appartement.
TTTTTTTTTTTUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTUUUUUUUUUUUUUUU !
Et mon temps de reaction a ete plutot lent... Interloquee, je rejoins Sophie dans l'espace cuisine, une Sophie a peine choquee par cette sonnerie infernale qui me vrille les oreilles.
- Sophie, qu'est ce que c'est que ca ?
- Ben... Je sais pas...
- J'ai tire sur un truc... Tu sais, l'espece de poignee orange...
- Ah bon ?
- J'ai peur que ce soit l'alarme a incendie !
Ni une ni deux je me precipite vers deux boutons, sur un panneau de securite, dans l'entree, panneau que j'ai remarque en arrivant. Ils semblent etre en rapport avec l'alarme a incendie. J'appuie sur le bouton "stop". Et la, o miracle... Ca s'arrete ? Oui, ca s'arrete. J'adresse un regard triomphant a Sophie, prete a m'auto-congratuler. Vous avez eu chaud ! Mais soudain...
TTTTTTTTTTTTTUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUTTTTTTTTTTTTTTTTTTUUUUUUUUUUUUUUUU !
L'alarme reprend ! Et cette fois, o misere, j'ai l'horreur de constater, par la fenetre ouverte qu'elle s'est egalement declanchee dans TOUTE LA RESIDENCE ! Oh mazette... Inutile de te dire que nous sommes completement paniquees. Qu'est ce qu'on fait ? On va avoir des ennuis ! Mon dieu, tout le monde va sortir ! Aie aie aie ! Qu'est ce que je fais ?
Dans le couloir, j'entends des pas, des rires. Chacun descend au point de ralliement. Nous, nous restons tranquillement dans notre chambre, jusqu'a ce qu'on vienne frapper a la porte. C'est un des gardiens. Je tente de lui expliquer, dans un anglais confus, que je n'ai pas fait expres et que je pensais arreter la ventilation. Lui ne sait me dire qu'une chose :
Le monsieur n'est pas content du tout. On le comprend ! Il repart en claquant la porte, grommelant que ca-va-etre-tout-un-bazar-d'arreter-l'alarme. Fin. Morale de l'histoire : ne touchez pas aux poignees oranges qui pendent dans votre salle de bain ! Je dois dire que je n'ai pas compris. Il n'y avait aucune indication de precaution a cote de cette manette. J'en avais donc deduit que c'etait sans danger et qu'elle commandait la ventilation. Comment pouvais-je deviner ? Au moins, avez-vous reussi a en rire par la suite ? Oh oui ! Nous nous sommes tordues de rire sur nos lits pendant un quart d'heure, et nous en reparlons regulierement, toujours avec le sourire ! Mais tu sais, Victor... C'est dingue mais... Parfois, j'ai encore envie de tirer sur cette poignee... Tu sais, avec le plaisir de l'interdit que peuvent eprouver les enfants quand ils savent que ce n'est pas bien, qu'ils n'ont pas le droit de faire quelque chose... Je te rassure, je ne l'ai pas refait... Mais l'envie me prend, parfois, de jouer les petits filous...