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Grains de sel

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a 1 personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


Perdu le fil ?

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Avant-propos

Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 15:50

Mon cher Victor,


Annaphoto

Eh bien alors, on me laisse sans nouvelles pendant des jours et des jours ?! Mais qu'est-ce que c'est ça ?! Tes lecteurs et moi-même avons imaginé le pire, jeune imbécile !! Quel accueil... Ecoute, c'est mérité ma petite fille ! Tu m'as fait une frousse monumentale ! Comment vas-tu ? Et ce bébé ?

Comme tu peux l'imaginer, j'ai énormément de choses à te raconter, mon Victor, mais tout d'abord permets-moi de te présenter mes excuses : il est vrai que je t'ai délaissé, ainsi que les quelques lecteurs toujours fidèles au poste, et tu m'en vois navrée. Excuses acceptées. Maintenant, raconte-moi !

Eh bien avant toute chose, Chéri et moi attendons bien une petite fille. Nous sommes ravis. Aaaah !!! Merveilleux ! Les filles, c'est ce qu'il y a de mieux, je parle en connaissance de cause ! Avez-vous trouvé le prénom ? Oui, mais je ne te le dévoilerai pas, tu attendras la naissance !!! Petite friponne... Sinon, tout se passe bien ?

Tu m'aurais posé la question il y a trois semaines, je t'aurai répondu oui. Mais il s'avère que depuis une semaine, la grossesse prend une tournure fort désagréable, et surtout extrêmement anxyogène. Tu me fais peur... Depuis quinze jours, je cours partout, que ce soit le week-end ou en semaine, après le travail. En plus du boulot et des tâches ménagères, Chéri et moi essayons de profiter au maximum des soldes pour préparer la chambre de notre fille. Sauf qu'il y eut un moment où mon petit corps de femme enceinte trouva le moyen de me faire comprendre qu'il était temps de m'arrêter. Cette semaine effectivement, en plus de la fatigue, j'ai ressenti plusieurs contractions. Vendredi dernier, j'ai commencé à m'inquiéter, en ayant eu plusieurs au travail mais surtout trois ou quatre très rapprochées le soir même, alors que pourtant, je m'étais allongée pour me reposer. Résultat, direction les urgences gynécologiques, la peur au ventre, avec un Chéri très énervé (quand il a peur, il est comme ça), avec en tête, surtout, ce mauvais souvenir que j'aurais bien laissé dans un petit coin de ma mémoire.

Oh la la la... Tu me fais peur décidemment... Une fois arrivée, je suis prise en charge très rapidement, on m'installe sous monitoring pour détecter les contractions pendant un peu plus d'une heure, Chéri me tient la main. Nous avons en fond sonore le rythme cardiaque de notre bébé (à peu près 140 pulsations par minute), la musique de son petit coeur qui bat m'apaise à un point que tu n'imagines pas. Pendant que j'imagine le pire des scénarios (col ouvert, alitement jusqu'à l'accouchement), je la sens qui bouge, me donne des coups. Elle va bien, je le sais, ma grande angoisse étant qu'elle naisse plus vite que prévu, ce qui ferait d'elle, à son stade de développement, une très grande prématurée. Au bout d'une heure, la sage-femme m'annonce que le monitoring n'a décelé qu'une contraction alors que j'en ai ressenti trois. On me fait donc une échographie du col pour vérifier qu'il ne s'est pas ouvert, j'attends le verdict avec angoisse puis une interne, charmante au demeurant, et visiblement très professionnelle, m'annonce que mon col est "parfait", "long et fermé". Les contractions n'influent donc pas sur mon col pour l'instant, mais c'est à surveiller de près, d'où une consigne de "lever le pied". Ouf !

Ouf effectivement. Après une journée d'hier très reposante (je n'ai strictement rien fait et suis restée allongée quasiment tout le temps), j'ai ressenti quelques contractions ce midi après m'être pas mal activée pour le ménage, la vaisselle, la cuisine, bref les tâches domestiques classiques. Du coup, l'inquiétude revient. Demain, je prends rendez-vous avec mon médecin, et s'il le faut, je me ferais arrêter pour la semaine afin de me reposer de manière durable. Ma fille est plus importante que tout le reste.

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 08:15

Mon cher Victor,


roseouchou

 

Avant les fêtes de Noël, j'aurais aimé avoir une petite idée du sexe de bébé et... Alors ? Fille ou garçon ? Deux secondes Victor, laisse-moi raconter ! Je suis donc allée voir ma nouvelle gynécologue (avec cette horrible histoire d'oeuf clair, j'en ai changé), qui, ô bonheur, possède un appareil pour réaliser des échographies, même si, comme elle le dit elle-même, "il date de Mathusalem" ! Après l'examen habituel (au cours duquel elle ne remarque rien d'anormal), elle m'emmène gentiment dans une autre pièce, minuscule, plongée dans l'obscurité, pour tenter de voir si "quelque chose dépasse ou non". En d'autres termes : si c'est un garçon ou une fille !

Au cours de ce troisième rendez-vous avec Mini-Nous, je suis en boucle : "Ooooh ! Comme il a changé !". Il a déjà des réflèxes de succion, il bouge énormément, il se tourne, se retourne... Bref : C'est la fiesta dans mon bidon et cela explose d'émerveillement dans ma tête ! Et puis ça y est... Ca y est, il montre ses parties ! Il lève les jambes, disons, et montre ses fesses. J'ai le coeur battant. Que préfères-tu ? Au tout début de la grossesse, j'avoue avoir eu une préfèrence pour une petite fille, mais au fil des semaines, je me suis mise à imaginer, à espérer davantage un garçon. Ah oui tiens, c'est étonnant... Peut être est-ce parce que j'ai beaucoup de petits garçons autour de moi dans notre cercle d'amis, peut être aussi parce que toutes les naissances qui s'annoncent dans mes connaissances sont des bébés de sexe masculin. Et puis...

 

- Tiens... Serait-ce une petite vulve que je vois là ?

- Une petite quoi ?

- Oui, vous avez bien entendu, je penche davantage pour une petite fille. Je ne vois rien qui dépasse. Quoi que... Attendez...

 

La gynécologue cherche encore, fronce les sourcils, zoome. Elle soupire, fait la moue : "Attendez, c'est quoi ça ? Ca dépasse un peu... Oh je ne sais pas... Je ne suis pas certaine... Je dirais que c'est une petite fille mais attendez un peu avant de vous ruer dans les magasins de vêtements pour bébé. Il vous faudra patienter un peu jusqu'à la deuxième échographie."

Alors c'est une petite fille ? Tu l'as compris tout comme moi mon Victor, ce n'est pas certain ! Tu l'as dit au futur papa ? Oui. Il est content bien sûr. Je crois qu'il aurait aimé avoir d'abord un garçon mais il sera fier si c'est bien une petite fille et commence à poser des limites bien en avance, des limites qui me font sourire : "Par contre, je te préviens, à l'adolescence, je vais être intraitable, je ne vais pas la lâcher ! Une fille, il faut vraiment faire attention !". Comme c'est mignon ! Bref. Depuis cette échographie, je recommence à m'imaginer une petite puce, à rêver devant les petites tenues... Ne t'emballe pas ! C'est peut être un garçon ! Oui tu as raison Victor. Ne nous emballons pas. Peu importe que ce soit une fille ou un garçon, au fond : s'il est en bonne santé c'est le principal ! Et puis, en attendant de savoir, je me réjouis tous les jours de la (ou le) sentir bouger. Déjà ?!?! Oui. Mais je te raconterai ça la prochaine fois !

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 16:23

C'est de passer une heure à la crèche un mercredi après-midi, en compagnie de la directrice, pour une pré-inscription de Mini-Nous à la rentrée de septembre. C'est de montrer tous les papiers à Chéri quand il rentre du travail, de tout lui expliquer, de foncer tous les deux dans sa petite auto pour rendre le plus rapidement possible le dossier d'inscription, c'est de se garer sur le parking près de la mairie, d'allumer la petite lumière au-dessus du tableau de bord tandis que la nuit tombe autour de nous, c'est de lui tendre mon stylo.

Ecrit en gras, en bas de la page : "Signature des parents".

C'est chéri qui me regarde, tout silencieux, comme s'il prenait conscience de l'importance de l'instant, de la vie qui change. C'est Chéri qui me regarde toujours et qui murmure : "Oh putain, je signe sous "signature des parents", ça fait tout drôle..."

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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 15:02

D'abord, en Sixième, je t'avais détestée, je te trouvais méchante et bavarde, toujours à te moquer des autres, et puis je ne sais pas, il y a eu les goûts musicaux en commun, les cours d'italien peut être, ton rire un peu hystérique, ton sourire et tes dents un peu de travers, Starmania dans ta chambre, ta soeur avec son magnétophone Fisher Price, la cassette de Boby Lapointe. Nous rentrions ensemble après le collège, après le lycée aussi, nos établissements étant voisins, on parlait, de tout, de rien, surtout de tout, je t'accompagnais jusqu'à ta porte, j'entrais, ou je repartais, mais c'était toi, avec les années j'en avais acquis la certitude. Nous étions presque voisines, proches tout en étant différentes.

Avec toi, j'avais écrit ma première lettre d'amour, postée anonynement, j'avais quatorze ans. Chez toi, j'avais pris mes quartiers, le temps qui passe permet cela, de faire presque partie de la famille. Avec toi, j'ai préparé des sandwiches au jambon pour une soirée "Cage aux folles", avant de me rendre compte, après quelques bouchées voraces, qu'il était complètement cru. Nos fous rires devant la télévision. Lors du cross du collège, c'est avec toi que j'ai discuté tout le long du parcours, en marchant, sans faire attention au reste, premières des filles à l'arrivée, quoi, déjà l'arrivée, mais je suis nulle en endurance, ce n'est pas possible. Nous avons été accusées de tricherie, un zéro pour l'épreuve, une menace d'avertissement. Nous avions en fait couru un seul tour au lieu de deux, mais bien sûr, personne ne nous a crues. J'étais effondrée. Tu t'en fichais, rigolais. Te moquais de moi gentiment.

Ensemble, nous avons écrit des histoires dont nous étions les principales protagonistes, impliquant également les garçons pour qui nous avions le béguin. Tu dessinais des bonhommes dans mon agenda. Tu m'envoyais des cartes postales à chaque vacance. Chez toi, j'ai fait des pains de thon, je t'ai regardée coudre, pleine d'admiration, j'ai câliné les chatons qui venaient de naître, j'ai observé la gerbille, j'ai fait de la balançoire. Ensemble, nous sommes allées chez le coiffeur, pour le meilleur et pour le pire, surtout pour le pire. Tu m'as emmenée en Italie, fait visiter Venise, nous avons enfourché les vélos dans la campagne, avec l'air moite qui nous collait aux vêtements et à la peau. Dans l'obscurité, tu me parlais de ta vie à Paris, du métro, aux heures tardives, j'avais peur, peur pour toi, tu riais de mon angoisse.

Un jour, nous avons découvert que mon oncle et ta tante entretenaient une relation amoureuse. Je vois encore mes parents rouler des yeux navrés, ma mère éclater de rire devant nos "élucubrations". Nous avions raison. J'étais fière et excitée. Comme si quelque chose de sacré se nouait entre nous, un lien familial. Meilleures amies plus que jamais. Ta mère avait organisé un repas avec toute la famille pour faire la connaissance de mon oncle. J'étais bien sûr conviée. J'ai le souvenir d'un grand bonheur. J'étais liée à toi. Et puis ils se sont séparés.

Tu me voulais comme témoin à ton mariage, j'avais dit non. Tu faisais fausse route. Une erreur. Et je te l'avais dit. Tu n'avais pas apprécié. Vous ne vous êtes finalement pas mariés. Tu m'as parlé de prendre avec toi un appartement en colocation, j'étais amoureuse à l'époque, pensais à lui, à moi, à notre vie. J'avais dit non. Tu n'allais pas bien. Tu ne t'es pas mariée et tu n'allais pas bien. Ta soeur m'appelait en larmes pour que je passe te voir. J'accourais. Tu ne me parlais pas.

Et puis nous nous sommes fâchées. Bêtement. Tu n'as plus voulu me parler. J'ai voulu te montrer que j'étais toujours là, même si tu m'avais blessée. Je t'ai écrit. Je t'ai téléphoné. Je suis venue te voir. Il y a eu le mariage de ta soeur, auquel j'étais invitée depuis longtemps. J'y suis allée, l'estomac noué, en priant pour que tu viennes me parler, pour une réconciliation. Tu ne m'as pas regardée. Ou tu ne m'as pas vue. Je ne sais pas. Je suis partie tout de suite après la cérémonie religieuse, le ventre tordu de chagrin, en pleurant sur le chemin du retour. Quelques jours plus tard, sur Internet, tu m'as dit que des dragées m'attendaient chez toi. J'ai repris espoir. Tu as aussitôt précisé : "Ce n'est pas spécialement pour toi, on les aurait de toute façon gardé pour quelqu'un d'autre". Je ne suis pas passée chercher les dragées.

J'en ai eu assez de te courir après. Tous tes silences, ton entêtement, le mépris que tu mettais à me parler m'avait découragée, dégoûtée, remplie d'amertume. Je t'avais poursuivie, pendant des semaines pourtant, tu étais ma meilleure amie, depuis toujours ou presque, nous ne pouvions pas couper les ponts pour si peu.  Je t'offrais ma douleur en spectacle. Tu n'avais aucune réaction. De l'indifférence. De la froideur. Un mur. C'était notre première dispute. La première depuis douze ans. Ca a été la dernière. J'avais un orgueil démesuré. Mais moins que le tien. Nous n'avons jamais eu d'explications. Jamais eu d'excuses. Nous nous sommes éloignées d'un coup sec, sans rien se dire, comme si ces années d'amitié, où je t'imaginais marraine de mes enfants, nous tenant la main dans toutes les étapes importantes de nos vie d'adulte, n'avaient pas compté.

Aujourd'hui, j'ai vingt-sept ans, bientôt vingt-huit, comme toi.  Nous sommes nées à onze jours d'écart. Je suis la plus vieille. Aujourd'hui, un homme, "le bon", m'accompagne, et de tous ceux que j'ai aimés, c'est le seul que tu n'aies pas connu. Aujourd'hui, je suis enceinte, et parfois, quand je me laisse aller, je suis un peu triste, j'aurais aimé que tu sois là, toi qui avais grandi avec moi, j'aurais aimé que tu sois là pour partager  l'émerveillement de mon ventre qui s'arrondit, pour débattre de mes idées de prénom, pour une fille tu aimais bien Agathe je me souviens,  j'aurais aimé que tu sois là pour tout cela, pour m'emmener dans les boutiques, pour te réjouir avec moi.

Tu me manques encore, parfois, quand je me caresse le ventre.

 

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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 00:00

Mon cher Victor,

Maintenant que l'échographie des 12 SA est passée (et bien passée !), Chéri et moi commençons ce que j'appelerai "notre marathon de l'annonce". Avant de crier sur tous les toits la grande nouvelle (c'est à dire sur les réseaux sociaux)... C'est quoi, les réseaux sociaux ? Oh, tu m'embêtes, c'est trop compliqué ! Donc, nous entreprenons le futur papa et moi-même, future maman (youpiii !), d'inviter notre amie X, la meilleure copine Y, de faire le tour de la famille (la grand-mère, l'oncle), en brandissant l'échographie, de révéler la bonne nouvelle dans le cadre professionnel... Bref, un peu tous les jours, je prononce les mots fatidiques : "Je suis enceinte", "J'attends un enfant", "Non, cela n'a pas traîné, nous avons été très efficace, deux mois à peine", "Je suis enceinte de presque trois mois", "Je viens de faire l'échographie, tout va bien, Bébé aime se mettre sur le ventre". Et tandis que je les dis, à voix haute, je m'étonne : est-ce bien moi dont je parle ?

Eh oui, c'est moi. C'est bien moi. Je vais être mère. Je suis enceinte. J'ai un foetus de 7,7 cm dans l'utérus. Il a déjà l'air d'un mini-bébé (d'un mini-Chéri dirais-je). C'est bien à moi que s'adressent les : "C'est pas vrai, Mirabelle, tu nous fais un petit ?", "Je suis très contente pour vous deux, vous êtes un si beau couple !", "La maternité, c'est la plus belle chose de la vie, tu vas voir !", "Et tu comptes accoucher où ?", "Tu veux allaiter ?", "Et le bazar de ton bureau, tu vas le mettre où ?". Parfois, cela va trop vite, je m'entends répondre "Je n'y ai pas encore réfléchi, on attendait la première échographie", "Je ne sais pas trop...", "Quand j'y songe, il y a tant de choses à penser !".

Parfois, je me regarde, comme en-dehors du cadre, je m'attendris devant cette jeune fille... Cette femme, Mirabelle, cette femme ! 28 ans l'année prochaine tout de même ! Oui. Cette femme, donc, qui s'extasie devant la première photo de son enfant, qui se touche le ventre, l'observe sous toutes ses coutures dans la glace, qui traque d'éventuelles ressemblances, espère un petit brun. Je regarde cette future maman qui n'en revient pas, n'en revient pas que ce soit elle, qu'elle soit capable de cela, d'avoir un enfant qui grandit dans son ventre.

Je réalise.

Un peu tous les jours.
Je réalise à mon rythme.
Je réalise que cela m'arrive à moi.

Enfin.

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