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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Devant l'acharnement dont tu fais preuve pour m'arracher les mots de la bouche, je ne puis faire autrement que de dévoiler peu à peu les contours de ma vie amoureuse...

 Oui, Victor, oui, j'ai bien "fréquenté" quelqu'un. Mais ce n'est pas, contrairement à ce que tu pourrais imaginer, une "amourette", ce n'est pas quelqu'un de passage, non. Ah, je constate que tu fronces les sourcils : je croyais que tu L'AVAIS fréquenté ?! Bien vu, Victor, bien vu. Effectivement, j'emploie le présent quand je devrais utiliser le passé, et c'est bien là, tu l'auras deviné, "ce qui cause mon tourment". Car, sache-le... Je l'aime toujours. Et lui ? Il t'aime ? Eh bien... Je crois, oui... Alors ? Où est le problème ? Vous vous aimez, non ? C'est tout ce qui compte ! Non, Victor, non. Ce n'est pas tout ce qui compte, comprends-le bien. D'ailleurs, soit dit en passant, en tant qu'auteur des Misérables et de Notre-Dame de Paris, chefs-d'oeuvre des amoures déçues et tortueuses, tu devrais pouvoir te glisser dans la peau de Mirabelle comme si c'était la tienne. Je suis, ne l'oublie jamais,  l'incarnation même d'une élucubration, la quintescence de la complication et du drame. Tu percevras plus tard, au fil de nos conversations, l'étendue du désastre. Oui, mais enfin, ça ne me dit pas pourquoi ce n'est plus possible avec ce jeune homme ! Certes... Pour répondre à ton interrogation, ô combien pertinente, il me faut illustrer mon propos par...Madame Bovary,de Gustave Flaubert. Oui, merci, je le connais, nous sommes des contemporains ! Oups ! Excuse-moi Victor, ne clique pas tout de suite sur la petite croix rouge s'il te plaît...

"Madame Bovary, c'est moi", disait Flaubert. Eh bien, il se trouve, Victor, que c'est moi aussi : je suis une Madame Bovary du XXIème siècle. Qui est Madame Bovary ? C'est une femme insatisfaite, rêveuse, qui vit dans ses livres, qui cherche le reflet de son idéal amoureux dans la vie de tous les jours, vie qu'elle mène sans grand enthousiasme, et même, pour être tout à fait exact, avec ennui. C'est bien connu, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin... Et la naïve Emma, avec son sens du tragique, est si "déconnectée" de la réalité qu'elle en paie le prix fort : elle s'empoisonne à la fin du roman. Rien de bien positif dans tout ça, donc... Et Mirabelle dans tout ça ?

Eh bien, Mirabelle... C'est un mystère que j'éluciderai pour toi demain !

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

J'ai bien peur, aujourd'hui, de ne pas être à la hauteur de notre entretien. Tu me vois là fébrile, tremblante, bouleversée, et je ne peux dissimuler, sous tes regards en coin indiscrets, que mes "fréquentations" m'empêchent de parler légèrement avec toi aujourd'hui. Attends un peu que je m'assois. Dis-moi seulement une chose : comment faisais-tu avec ta Juliette ? Tes yeux brillent rien qu'à l'annonce de son prénom... Je te vois déjà lancé dans de grandes tirades passionnées : ah ! L'amour ! L'amour ! L'amour d'aujourd'hui est pourtant bien différent de celui d'hier, crois-moi, et je ne dis pas ça pour te vexer, Victor. Loin de moi l'envie de sous-estimer la force de votre amour mais enfin, de ton temps, on ne se "fréquentait pas" sur Internet, on n'envoyait pas de sms coquins, il n'y avait pas de minitel rose, ni de sites de rencontres, ni d'agences spécialisées dans les mariages, ni,ni... Non, Victor, s'il te plaît, ne clique pas sur la petite croix rouge. Ne crois pas que je sois une adepte du commerce de l'amour. Au contraire, malgré ma jeunesse, j'ai des principes assez conventionnels, voire parfois quelque peu étroits, oui, oui, il me faut bien l'admettre.

Pour preuve : le mariage de ma meilleure amie, Camille. C'est un mariage arrangé ? Non, Victor, ce n'est pas un mariage arrangé, pourquoi tu me demandes ça ? Eh bien, tu m'as dit hier qu'à ton âge, on ne se mariait plus ! D'accord, d'accord, c'est vrai, j'ai effectivement dit ça. Mais Camille est un cas particulier. Figure-toi, mon cher Victor, que Camille va épouser Emmanuel, qu'elle connaît depuis peu et par l'intermédiaire de Meetic. C'est quoi Meetic ? Meetic, c'est un de ces sites de rencontres dont je te parlais tout à l'heure. Nous avons été surfer dessus un soir, et... Surfer ? Bon... On a été sur le site si tu préfères, et mon dieu... Des photos d'hommes de tous les âges, de toutes les villes ! Des critères de sélection très pointus pour trouver l'âme-soeur ; des témoignages de gens qui " se sont trouvés"... Moi qui suis très romantique, très fleur-bleue, tout ça m'a paru si artificiel, tellement forcé...  Alors c'est bien ce que je dis, c'est un mariage arrangé ! Pas exactement... Ou du moins, pas au sens où tu l'entends. Je t'expliquerai tout ça un autre jour. En attendant, parle-moi un peu de Juliette, je sens que tu en meurs d'envie, ce qui tombe bien, parce que moi, je ne tiens pas à évoquer "mes fréquentations", ou plutôt "ma fréquentation". Non, non, Victor, n'insiste pas s'il te plaît, ou c'est moi qui clique sur la petite croix rouge ! Allez, parle-moi de ta Juliette, je t'écoute...

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Ne t'avais-je pas parlé, il y a déjà quelques temps, de mon amie Camille ? Il me semble que si... C'est bien ce que je pensais. Eh bien, il se trouve (et j'ai, je dois l'avouer, un grand plaisir à te l'annoncer) que nous sommes de la même famille, ou quasiment.

Explique-moi tout ça !

Avant toute chose, petite parenthèse, indispensable à la compréhension de mon histoire : mon oncle, Marc, est instituteur décharge. C'est à dire ? C'est à dire qu'il est amené à effectuer des remplacements, mais sur une plus longue période que les remplaçants traditionnels. La tante de mon amie Camille, elle, est institutrice. Ils se sont donc connus aau travail ? Il a fait un remplacement dans son école, et hop !, ça a été le coup de foudre, c'est ça ? Hep, hep, hep... Pas si vite, Victor !

Marc est séparé. Isabelle est divorcée. Nous savons, Camille et moi, qu'ils se connaissent, j'en ai même parlé avec Isabelle, brièvement, pendant des vacances en Italie. Rien de sensationnel au premier abord : ils se connaissent. C'est tout. Ce n'était pas le coup de foudre alors ? Je n'en sais rien. Le mystère demeure encore sur certains points...

Et puis un jour, quelques jours avant le départ de Camille pour Barcelone... Je croyais qu'elle était au Mexique ?!? Oui, elle est au Mexique, mais avant, elle était à Barcelone... Et puis peu importe ! Ca n'a strictement aucun rapport avec mon propos, donc s'il te plaît, reste tranquille... Un jour, donc, peu avant son départ pour Barcelone, Camille est à la maison.

- Il paraît que Papa a vu mon oncle avec une femme en ville. Ils se tenaient la main ! Tu te rends compte ?!

- Ah, tiens ! C'est marrant que tu me dises ça ! Nous aussi on soupçonne quelque chose du côté de ma tante : elle fait pas mal de mystères et elle sort tout le temps !

Tout est parti de ça. Gesticulant sur mon lit, nous avons alors élaboré tout un scénario : Marc et Isabelle travaillent dans la même école, peut-être sont-il ensemble ? Papa m'a dit que c'était une femme brune plutôt petite. Elle avait un manteau de quelle couleur ? Je crois qu'il m'a dit quec 'était un manteau rouge. Alors ce n'est pas elle, Isabelle n'a pas de manteau rouge. A moins qu'elle ne se le soit offert récemment et que tu ne l'aies pas encore vu. Ahhh ! SI ça se trouve, ils sont ensemble ! Tu imagines ! Et puis, et puis... S'ils se marient, on sera peut-être demoiselles d'honneur, je vois d'ici ma robe... Oh, ce serait trop bien ! On serait comme de la même famille, tu te rends compte ?!!?

Deux puces qui poussaient des cris suraigus. Voilà ce que nous étions ce soir-là. J'en souris encore... Dans la frénésie de notre enquête, je mets tout mon bureau sans dessus-dessous à la recherche d'une photographie d'Isabelle que je compte montrer à mon père, au cas où il la reconnaîtrait...

-Ah non ! Ca ne me dit rien... Ca ne doit pas être elle.

-Tu es sûr ? Regarde bien !

-Non non, vraiment... Ceci dit, je ne l'ai pas bien vue, j'étais assez loin. Mais elle n'est pas comme ça, j'en suis presque sûr...

Déception, déception... Tant pis ! Pendant le dîner, telles deux hystériques, nous insistons  : on ne sait jamais, tu étais quand même loin, tu peux te tromper... Ce serait fantastique ! Ce serait comme dans les films ! Je vais essayer d'en savoir plus, dommage que je parte à Barcelone car ce sera moins facile de se renseigner... Je n'en reviens pas ! Tu te rends compte ?!? Marc avec Isabelle ! 

Riant aux éclats, ma mère et ma soeur prennent part à notre enthousiasme débordant, tandis que mon père, sceptique, roule des yeux consternés : "quel cinéma...".  

Peu importe... Nous, nous y croyons, et dur comme fer !

 

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Aujourd'hui j'ai vingt-deux ans. J'ai vingt-deux ans. Et c'est le premier de mes anniversaires, depuis deux ans, que je fête sans lui. Drôle de sensation... Manque, tristesse, résignation... Aura-t-il seulement une petite pensée pour moi ?

Allons, Mirabelle, allons...

Sois sans crainte, mon Victor : même si, comme le dit si bien Michel Berger, il manque quelqu'un près de moi, je ne me laisserai pas abattre ! Je ne suis pas seule. J'ai une famille extraordinaire, une meilleure amie qui pense à moi, même à l'autre bout du monde... Ma mère a été acheter des fleurs hier, pour faire une jolie table. J'ai choisi la nappe que je préfère, ainsi que le menu du midi. Sitôt levé ce matin, mon père m'a souhaité un bon anniversaire, lui à qui il faut d'habitude un bon quart d'heure pour se réveiller complètement. Le petit ami de Lisa fera partie de la fête, et c'est tant mieux :  je l'estime beaucoup et ils sont beaux, tous les deux. J'ouvrirai mes cadeaux à l'apéritif, souriante comme une petite fille de cinq ans qui a attendu cet instant toute l'année. Il y aura des baisers, des souvenirs mille fois évoqués mais qu'on a toujours autant de plaisir à entendre : "quand je pense qu'il y a vingt-deux ans je te donnais le biberon... J'ai du mal à y croire !", "Et la nuit ! Qu'est ce que tu étais chiante ! On avait de ces envies de te passer par les fenêtres !". Je boirai une ou deux coupes de champagne, profiterai du repas mitonné spécialement pour moi ( à moi le foie gras !)... Nous rirons tous les cinq et je serai heureuse, je le sais, je n'ai aucun doute.

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tu me vois aujourd'hui dans un état d'esprit assez cafardeux : j'ai terminé mon stage aujourd'hui même. Fini. Rideau. Adieu les CM1-CM2 de l'école de Saint-Arnoult... Adieu Armelle, Louis, Safa, Antoine, Laurène, Jean-François, Oné, Nicolas, Benjamin, Maximilien, Thomas, Clara, Marine, Antoine, Laura, Clément, Eva, Thomas, Delphine et Willy !

"Dites bien au revoir à Aurélie et Mirabelle avant de sortir, parce que vous ne les reverrez pas lundi !"

Défilé de bises. Sourires. Un dessin, même, dans une enveloppe à nos prénoms. Des mots gentils : "Merci, on a bien appris". Une petite fille qui nous serre très fort contre elle. Et puis plus personne dans la classe. Le silence. Ma leçon de biologie qui restera notée au tableau jusqu'à lundi matin. Aurélie et moi, plantées comme des piquets, un sourire crispé aux lèvres. Nous ne disons rien. Pas besoin. Nous sommes tristes, c'est tout.

J'ouvre l'enveloppe de Thomas...

"Chère Marion, je te shouaite souhaite un agréable voyage. Je te remerci de tes conseils de maths, sciences, etc... Revenais nous voir quand vous voulez. Gros bisous. Thomas."

Dans la voiture, atmosphère songeuse... Nous leur enverrons une carte, décidons-nous. Cette idée nous redonne le sourire, et nous imaginons déjà comment formuler nos remerciements, à eux qui nous ont tant apporté, et le plus inconsciemment du monde. Nous nous raccrochons toutes les deux à l'espoir d'une nouvelle visite à Saint-Arnoult, dès que nous aurons une demie-journée de libre : notre maître d'accueil nous a en effet proposé de construire une évaluation sur nos séquences de biologie et de géographie, et de les corriger ensuite. Espoir mince, étant donné notre emploi du temps chargé à l'IUFM... Espoir tout de même.

Pourquoi ai-je la sensation, après chaque stage, d'avoir oublié de dire quelque chose aux élèves ? J'ai pourtant, à peu de choses près, tenu ma séquence de biologie comme je le souhaitais...

Sans doute voulais-tu leur dire combien tu as aimé travailler avec eux ? Et puis aussi... Enfin, si je peux me permettre... Leur dire qu'ils vont te manquer ?

Oui... Ca doit être ça... Mais une maîtresse n'est pas censée tenir ce genre de propos à ses élèves, ou alors en fin d'année évidemment... Et surtout pas au bout d'un stage de quinze jours, de la part de jeunes filles qui ne sont même pas encore maîtresses !

Qui sait... Peut être qu'un jour ce sera possible...

Oui, qui sait...

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Tu m'as envoyé hier un courrier assez critique, détaillant les défauts ce blog. J'ai longtemps hésité à en parler dans mon prochain article, mais, comme je suis l'honnêteté même, je me dois de reconnaître mes torts : il est vrai, mon cher Victor, que je t'avais promis un panoramique de la société d'aujourd'hui. Or, en relisant mes derniers écrits,  je constate, avec une pointe de culpabilité, que cet objectif n'est pas atteint : toute préoccupée que j'étais par ma grande histoire d'amour (qui, soit dit en passant, est toujours aussi compliquée), j'ai négligé les grandes idées censées motiver la création de ce blog. C'est pourquoi j'ai décidé de rectifier le tir. Alors attaquons dès maintenant !

Un jour, Victor, je serai "maîtresse". Devant mes élèves, occupés à écrire (ou à fourrager dans leurs casiers),  j'écrirai la leçon sur le fameux  tableau noir, différencierai ce qui est important de ce qui l'est moins avec des craies de toutes les couleurs, soulignerai les titres avec la grande règle toute jaune, et effacerai la correction des exercices avec le tampon de mon enfance, gorgé de poussière.  Un jour, il y aura, aux murs de ma classe, une immense frise historique, des règles de grammaires, des tables de multiplication, des dessins d'enfants... Au fond, mon bureau : une pile de cahier à corriger, des manuels ouverts la leçon du jour, un planning de roulement pour la surveillance des récréations... Mes élèves demanderont la parole en levant le doigt et m'appeleront "Maîtresse", avec cet air d'admiration qu'ont tous les enfants envers les adultes détenteurs du savoir. Je maîtriserai à la perfection tout le vocabulaire de l'Ecole (conseil d'école, conseil de classe, conseil de cycle, RASED, maître E, maître G...) et tout le vocabulaire de la classe : cahier du jour, carnet de liaison, cahier de production d'écrits, cahier de poésie, carnet de chansons...

Un jour, j'accueillerai des stagiaires PE1, des stagiaires telles que moi... Moi qui m'imagine écrire au tableau ou dicter un passage d'un livre de littérature de jeunesse à des élèves tirant la langue au-dessus de leurs cahiers... Moi, qui, aujourd'hui, en plein stage de "pratique accompagnée", observe notre "maîtresse d'accueil", à peine plus âgée que nous, enseignante depuis trois ans, et que j'admire pour une raison bien particulière : elle a ce concours que moi je n'ai pas encore, et qui fait que je ne suis pas une "maîtresse"...

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 00:00

Mon cher Victor,

Es-tu de bonne humeur aujourd'hui ? Ma foi, oui ! Tant mieux alors, parce que ce que je m'apprête à écrire n'est pas ce qu'il y a de plus gai, je dirais même que c'est assez déprimant, alors accroche-toi. Bien, bien, bien... Je ferai mon possible !

Aujourd'hui, c'était l'enterrement d'une tante de Johan. Elle souffrait d'une leucémie et laisse derrière elle un petit bout de chou de six ans. Johan est venu me chercher. Il m'a reconduite. Et il est reparti...

 J'ai revu sa famille, que je n'avais pas vue depuis longtemps. Et je me suis aperçu... Qu'elle m'avait manqué. J'ai revu de loin Benoît, Romain et les autres et vraiment, je me sentais presque à ma place. Bien évidemment, je dis "presque" parce que je ne suis plus la petite amie de Johan. Et cela change tout. Parce que je n'aurais pas dû être placée au milieu de la famille à l'église. J'avais l'impression de mentir, même si tout l'attachement que j'ai pour eux tous légitimait ma présence ici. Je me disais (drôle de circonstances pour de telles pensées) : "profite-en bien, c'est la dernière fois que tu les vois tous !".

Le petit Nathan a allumé des cierges pour sa maman. Il ouvrait de grands yeux sur tout, se retournait fréquemment, parlait à son papa, à son grand frère... Face à tous ces gens qui pleuraient, il était l'incarnation même de la vie qui doit continuer. Même s'il n'avait sans doute aucune idée de ce que signifiaient vraiment les bougies, l'orgue et ce cercueil... J'avais envie de lui faire de gros bisous, touchée que j'étais avec mes yeux d'adulte, mais il était si nature, si innocent, et en même temps si gai : je n'avais pas envie de verser dans la sensiblerie. Je n'aime pas ça.

J'étais venue pour sa famille. Mais aussi pour lui. Surtout pour lui. Pour Johan, je veux dire... Oui, merci ! J'avais compris ! Je n'étais pas assise à côté de lui dans l'église. J'étais juste derrière lui. Je l'ai beaucoup observé pendant la cérémonie. Je regardais sa nuque. La contraction de ses mâchoires. J'avais envie d'être près de lui. De lui tenir la main. De l'embrasser. L'embrasser ?! Dans une église ?! Oh rassure-toi : un baiser d'une chasteté exemplaire, sur la joue, juste pour lui montrer que j'étais là, simplement. Mais je ne pouvais pas. A un moment, j'ai juste caressé sa nuque du bout de mon doigt, après avoir longuement réfléchi, comme si cela engageait ma vie entière. Toujours dans l'excès... Que veux-tu Victor, c'est ma nature, je ne peux pas lutter contre cela ! Il ne s'est pas retourné, n'a pas eu l'air surpris. Il devait s'attendre à un tel geste. J'y ai vu, bécasse que je suis, comme un encouragement... Et ça t'est retombé sur le coin du nez, comme d'habitude, c'est ça ? Oui, c'est ça...

En sortant de l'église, je lui ai pris la main. Je l'ai embrassée (la main, hein, Victor, pas la bouche !). Il ne m'a pas repoussée. Espoir, quand tu nous tiens... Nous avons attendu la mise en terre. Partout, des fleurs. Et il en arrivait toujours plus, à un tel point qu'on ne savait plus où les mettre ! Nous avons attendu longtemps, dans le froid et le vent, au milieu des pleurs et reniflements.

Et puis nous sommes partis. Nous sommes allés directement chez son oncle. Et là, en sortant de voiture... J'ai fait la bêtise de lui demander si je pouvais l'embrasser. Sur la bouche cette fois-ci ! Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Peut être parce que j'en mourais d'envie depuis qu'il était venu me chercher. Et... Il t'a dit non. Tout à fait. J'étais, bien évidemment, à deux doigts de fondre en larmes, comme d'habitude. J'ai paniqué en voyant toute la famille  débarquer : ils me verraient tous sangloter comme une gamine de cinq ans ! J'ai donc dit, sans trop savoir ce qui me prenait : "je rentre chez moi, je vais me débrouiller !". C'était où ? J'ai oublié de te le dire : à une vingtaine de kilomètres de chez moi. Ah oui... Donc impossible de rentrer par tes propres moyens ! Il a insisté pour me ramener... Pas pour me retenir. Il ne t'aime plus, cela saute aux yeux !

Je suis donc rentrée chez moi en pleurs, comme à chaque fois que je revois Johan. D'où la nécessité de ne plus le revoir ! Effectivement, j'imagine que ce serait plus sage...

Regrettant de n'être pas restée chez l'oncle de Johan (parce que quand même, vraiment, je les aime bien, tous !), j'ai décidé d'appeler Romain, son cousin, à qui j'ai demandé de transmettre le message suivant : "je ne suis pas là, mais dis à Fabrice et Nathan que je pense bien à eux.". Le message a été transmis dans un brouhaha général, d'où un Romain qui se met à hurler, pour obtenir le silence : "Mais taisez-vous ! C'est la copine de Jo !", alors que j'avais bien précisé, voilà quelques temps, que je n'étais plus la petite amie de personne, et surtout pas celle de Johan !

Réflèxe, réflèxe, quand tu nous tiens...

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