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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 22:36

Mon cher Victor,

J'ai finalement fait le choix du remplacement long, sans trop savoir si cela me conviendrait. Ayant le souvenir d'une inspection désastre, j'ai pourtant opté pour le bonheur d'élèves à découvrir, opté pour le plaisir d'une classe...

Tu sais, l'année dernière, je n'ai pas connu cette opportunité.  J'ai changé. Changé tous les jours. De niveau. De lieu. D'école. Beaucoup de liberté pour si peu d'attachement... Tu n'es pas faite pour les remplacements courts, voilà tout ! J'étais pourtant persuadée que ce genre d'enseignement, sans conséquence réelle, était fait pour moi : ne pas s'impliquer, ne pas se morfondre pour son manque d'efficacité, ne pas sans arrêt se comparer aux collègues...

Depuis la rentrée, j'enseigne dans une classe de CM1-CM2, jusqu'à la Toussaint environ. Ils sont gentils, attachants, au point que j'en oublie parfois que ce n'est pas ma classe. Certes, leur niveau scolaire n'est, dans l'ensemble, pas formidable, mais ils sont respectueux, sympatiques, doux, des qualificatifs que je n'aurais jamais utilisés l'année dernière, lorsque j'étais partout et nulle part à la fois, lorsque j'étais dans telle école un jour et dans telle autre le lendemain.

Depuis la rentrée, j'ai 24 élèves à moi, même si ce ne sont pas vraiment les miens, je les aime et les protège, les dispute et les félicite... Ce sont mes élèves, et je sais déjà qu'il sera difficile de les quitter, que je retrouverai mon chez-moi la tête pleine de mots d'enfants et de souvenirs, pleine de souvenirs et d'attachement. De larmes aussi, parce que je ne peux pas m'en empêcher...

Je veux être une maîtresse à plein temps. Je veux les retrouver tous les jours. Je veux être leur référente à part entière, et personne d'autre. Certes, mon inspection de l'année dernière s'est mal passée. Mais je pense avoir mûri. Pris certaines distances par rapport à l'enseignante "très scolaire" que j'étais. Je ne sais pas si j'ai raison, je ne sais pas si je progresse. Je tente juste d'être bien, et de suivre l'idée que je me fais de l'Epanouissement, du mien avec un grand E et un grand M.

Faire bien ou mal, c'est un autre débat. J'en suis seulement à reconstruire mon identité professionnelle. Chaque  chose en son temps...

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:00

Mon cher Victor,

Longtemps que je ne suis pas venue ici. Et j'avais beau dire, beau faire, pas le temps. Pas l'envie, non plus. J'avais abandonné ce blog il y a longtemps, si longtemps que je me dis parfois que je m'en suis trop éloignée pour pouvoir revenir, malgré toutes mes belles promesses envers toi, Victor. La vérité, c'est que j'ai changé. On ne peut pas prétendre être restée la même pendant deux ans, du moins je n'y crois pas. Je ne suis plus la même. Je ne suis plus cette jeune stagiaire idéaliste, qui suait sang et eau sur ses préparations, oubliant son sommeil, son équilibre. Je ne suis plus cette Titulaire Première Année donnant tout ce qu'elle avait pour être à la hauteur de ses bouts de chou de CE2-CM1, faisant ce qu'elle pouvait pour les aider au mieux dans leur apprentissage. Cette jeune instit', qui se demandait, épuisée, si le rôle n'était pas trop lourd pour ses frêles épaules sans confiance. Non, je ne suis plus tout ça. Et je ne vois pas l'intérêt de te raconter des histoires, Victor..

La Titulaire deuxième année que j'étais a migré dans une ville étiquetée "vieillotte" après sa rupture avec son Mystérieux Inconnu, à environ cinquante kilomètres de chez elle, éprouvant le besoin d'un ailleurs. Là-bas, elle était seule. Ne connaissait personne. Elle a pleuré, beaucoup, pourtant persuadée que cette coupure, ce déchirement, était nécessaire. Ne connaître et n'être connue de personne, c'est là ce qui l'intéressait. Elle a passé un an à travailler, travailler, travailler, pour ses élèves, pour elle, comme une vengeance sur Lui, pour se persuader que si elle avait échoué avec Lui, elle n'échouerait pas dans son métier. C'est ainsi qu'elle l'a vécu.

Au début du mois de juin 2009, elle a été inspectée. Angoissée, à bout de forces, n'ayant qu'une seule envie : que cela se termine. Et cela s'est terminé, en effet. Il lui semble aujourd'hui qu'elle n'a pas su s'expliquer auprès de la Grande Méchante Inspectrice, pas su réagir. Une stagiaire, toujours : c'est ainsi qu'elle s'est perçue. Une phrase acerbe, blessante, l'a marquée, et a suffi à la déstabiliser. Elle y pense encore, à cette phrase. Elle la hante, cette phrase. Au mois d'août, elle a reçu sa note : 11,5. 1 point de moins que toutes ses amies, 1 point de moins que la plupart de ses collègues T2. En dessous de la moyenne, elle qui n'avait jamais été habituée à cela dans sa scolarité. Elle l'a gardée longtemps pour elle, cette note, comme une honte. Pourtant, la Grande Méchante Inspectrice n'était, paraît-il, pas si méchante que ça...

Un an plus tard, elle avoue n'avoir toujours pas digéré cette première inspection. Elle avait choisi de remplacer sur la Formation Continue, en septembre, pour s'en remettre, de cette note, se disant qu'au moins, à raison d'une journée ci, une journée là, elle risquait peu de porter préjudice aux élèves. Dégoûtée. Elle était dégoûtée, songeant aux nuits entières passées sur ses préparations... Sans doute avait-elle travaillé dans le mauvais sens ? Toujours est-il qu'elle ne s'était pas sentie capable d'avoir des élèves à elle, même sur des remplacements longs. Etre partout et nulle part à la fois, tel était devenu son métier, avec tout le manque de motivation que cela incluait.

Elle avait passé une année en demi-teinte, ne s'attachant à aucun enfant, n'étant jamais nulle part. La fin d'année n'était pour elle qu'une journée qui se termine, dans une école presque anonyme. Pas d'émotion, pas de cafard. Rien. Et ce simple constat la rendait triste, elle qui entretenait un souvenir émerveillé de son année de T1.

Nous sommes aujourd'hui le 25 août, la rentrée approche à grands pas, elle a le sentiment de n'être plus vraiment une institutrice. Elle sera toujours remplaçante l'année prochaine, n'étant pas parvenue à obtenir un autre poste.   Et depuis une semaine, une question la taraude, invariablement, sans répit : que choisir, la formation continue comme l'année précédente ou des remplacements longs comme il y a deux ans ? Se sent-elle prête à redevenir la maîtresse d'une classe, à prendre ce risque, sachant le peu de confiance qu'elle entretient en ses capacités ? Doit-elle poursuivre ses remplacements une journée ici une journée là, ne pas s'attacher, ne pas s'investir, se contenter de panser ses blessures, attendant d'être d'attaque pour reprendre une classe, reprendre confiance ?

 

C'est la première fois. La première fois qu'elle est incapable de choisir, la première fois qu'elle ne sait pas, qu'elle ignore ce qui est le mieux, pour elle comme pour ses élèves potentiels. Et elle a quarante-huit heures pour se décider.
Ce soir, la presque-T4 se sent mal, Victor, et elle se demande si elle a bien fait d'opter pour cette profession.

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