Vendredi 3 mars 2006
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Mon cher Victor,
Eh bien, que se passe-t-il ma Mirabelle ? Je croyais que tu ne publiais qu'un article par jour ? Tu as une de ces mines ! Pardon, Victor, mais c'est un cas de force majeure, il fallait à tout prix que je parle à quelqu'un. Tu as l'air complètement dégoutée ! C'est bien le mot...
L'autre jour, je discutais de mes petits malheurs avec ma cousine, qui me conseilla de reporter mon manque de J. sur la bouffe. Paraît-il que pour elle, cela marche du tonnerre quand elle a un coup de blues. Bien... Prise ce midi d'une envie de J. comme j'en ai rarement eue jusqu'ici (tu sais, ce genre de mal qui pourrait fort bien me faire attraper mon téléphone et composer son numéro...), et disposant de la maison pour moi toute seule (mes parents sont au restaurant), je me dis que tiens, c'est l'occasion d'essayer, voir si ça marche.
Me voilà donc la cuisine, jetant mon dévolu sur un paquet de tagliatelles, qui se marierait fort bien avec des lardons fumés et une petite sauce à la carbonara. Je me mets aux fourneaux sans grand enthousiasme cependant, les larmes aux yeux, priant pour que ce repas me fasse tout oublier. Je commets l'irréparable en allumant la radio, qui ne passe que des chansons d'amours déçus, dans lesquelles j'ai tôt fait de me reconnaître, et qui réveillent un torrent de larmes salées. Ca tombait bien, j'avais oublié de saler les pâtes...
Et voilà. Vingt minutes plus tard, je mange. Et je pleure toujours... Cette expérience se révèle être une pure catastrophe : je n'ai aucun plaisir à manger ce que j'ai préparé, j'ai mis dix fois trop de crème fraîche, et je n'ai pas de kleenex sur moi.
Et là... Et les tagliatelles, et ma rupture me restent sur l'estomac...
Bavardages