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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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Alors regarde

Je le sais, tu as des cris plein la tête et des  sanglots plein la gorge. Tu as des mots coincés qui font mal.  Tu as des démons qui hurlent et du noir en-dedans. Tu as la rage au ventre, tu as la rage au coeur, c'est la rage qui te tient. Tu as la colère. Tu as  la fureur  de la honte et  l'amertume du dégoût, tu as la déception du  temps gâché à y croire.
Tu as ces souvenirs derrière : ces souvenirs, ne t'y accroche plus. Tu as ce vide  du présent, cette solitude de tous les instants, tu as cette page blanche de l'avenir. Pas de projet. Rien. Ni personne.
Tu as des monstres qui te poursuivent.  Des peurs plein la mémoire. Des rancoeurs aussi. Déchire tout ce gâchis, tout ce mensonge, toute cette merde, tout ce médiocre. Déchire tout.  Hais-toi de t'être voilé la face, haïs-toi d'avoir nié, aussi longtemps, l'évidence. Hais-toi de ne pas oser le dire, à tes parents, à tes amis. Ne pas avouer l'échec. Ne pas  oser la vérité.
Stupide. Stupide d'y avoir cru, d'avoir accepté l'innacceptable. Conne, réveille-toi et regarde. Tu étais seule dans le rêve. C'était ton rêve. Tu étais seule. Regarde. Il n'y a personne. Il n'est plus là. Il y a longtemps qu'il n'est plus là. Va, tu le savais, toi aussi. Tu le savais, tu le savais qu'il n'y était plus. Que tu n'avais plus ni son coeur ni sa tête. Que l'habitude vous avait broyés comme elle l'avait fait avec tant d'autres.
C'est inexorable. Regarde, regarde. La fin est là. Il n'y a plus rien que tu puisses faire. Baisse les bras, maintenant, admire votre oeuvre. Ne te contente plus du médiocre. Ne te contente plus de la mélancolie et du silence. Regarde, regarde, regarde toute cette merde.
Allez, regarde. Regarde ce que vous êtes. Regarde ce qu'il reste de vous. Regarde. Ce n'est pas ce que tu voulais. Ce n'est pas ce que vous vouliez. Regarde, regarde ces étrangers qui vivent côte à côte. Regarde, c'est vous. Alors vas-y, maintenant, chiale, chiale, tu n'as plus que ça à faire. Mais regarde, regarde encore. Tu dois regarder ce que tu as fait, ce qu'il a fait, ce que vous êtes devenus. C'est le prix à payer.
Allez, chiale. Que la morve t'enlaidisse, piétine-toi toi-même, déteste-le, raye le ta vie, envoie-le en enfer. Parce qu'il n'y a rien d'autre que tu ne puisses faire, maintenant, que de ruminer ta haine, ton dégoût, ta honte. Tu t'es trahie toi-même et il t'a trahie. Regarde, menteuse que tu es ! Regarde ! Tu es seule. Il n'est plus là.
Allez, accepte-les, ces souvenirs en pleine face. Accepte-les, ces rêves qui ne réaliseront pas. Prends les comme des gifles. Vous ne vivrez pas heureux et n'aurez pas d'enfants ensemble. Ca fait mal, hein ? Oh oui, que ça fait mal... Allez, tends la joue ! L'autre, maintenant ! Tu les vois ces souvenirs ? Tant mieux, parce que c'est tout ce qui te reste. Tout ce qui te restera de lui. Bientôt, tu ne seras plus qu'un souvenir neutre et lointain dans son esprit d'homme insouciant et libre, et bientôt, tu auras oublié jusqu'à l'odeur de sa peau. Alors vas-y, regarde les bien, car bientôt, ils seront incolores. Bientôt, tu auras oublié les rires et les rêves, les baisers et les caresses.
En attendant, oui, ça fait mal. Accepte-le. Et relève la tête. Malgré les larmes et la morve. Tu t'es fait avoir, d'accord. Mais vous êtes tellement à vous faire avoir... Tellement à y croire, naïfs que vous êtes. L'amour n'est qu'un leurre, tu le sais. On reste parce qu'on a vécu, parce qu'on idéalise. On reste par peur d'être seul et parce qu'on est en sécurité. Jusqu'au moment où la sécurité étouffe et où on a envie de voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Jusqu'au moment où il y en a un qui ose dire qu'il s'en va.
Allez, accepte. Accepte. Accepte et redresse-toi. Tu n'es pas une victime. Tu vas te relever parce que tu vaux mieux que de rester pleurer seule en regardant de vieilles photos jaunies, en lisant des missives enflammées qui sont d'une autre époque. Va, tu vaux mieux. Regarde et avance. Regarde, souffre, et avance. Avance.

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L
Eh bien moi qui n'étais pas revenu faire la lecture par ici, depuis un bon bout de temps, il semble que je n'arrive pas au bon moment ...  Et qu'est ce qu'il fait le vieux père Hugo ? ... Il faut l'appeler à la rescousse, la secousse, faut se secouer ... Mais pur une fois à ce brave Poète, les mots lui manque ... C'est vrai devant la souffrance des autres, souvent on ne sait quoi dire et quand on s'exprime, c'est pas forcément les mots qu'il faut dire ... Mais en fait , c'est toi qui les a trouvé les mots , ou plutôt,  le bon mot  : AVANCE !... Farfadet
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M
Oui, j'avance. Comme dirait Souchon : "On avance, on avance, on avance. C'est une évidence : on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens. On avance".;-)
P
Je ne sais pas trop ce qui t'arrive, mais ... bon courage
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M
Merci.
L
Bonjour,que cela fait du bien de parfois (souvent) jeter sa rage sur le clavier, sans censure, sans limites, sans danger ...Je viens de découvrir les blogs,  et parcourir le votre est sincèrement un bonheur.Je voudrais que vous soyez sûre du fait que vous avez quand même abouti en plein de choses, et en premier, professionnellement. Je voudrais que vous voyiez que beaucoup vous estiment.Plein de courageleïlou, 22 ans qui voudrais (aussi) être maitrrrreeeeeessse !
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M
Merci pour ta gentillesse Leïlou. J'ai effectivement réussi un certain nombre de choses dans ma vie... J'aurais juste voulu réussir ça aussi... Mais on ne peut pas tout avoir, n'est ce pas ? Merci encore pour ton soutien et merci pour ces compiments.
P
En effet, très réaliste... :'-(
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M
Merci. (je prends ça pour un compliment, hein ?) ;-)
Y
C'est dur, violent et triste : voilà comment se résume trop souvent la vie.Les moments de douleurs qui prennent 20 fois plus de place que ceux du bonheur. C'est triste et il n'y a rien à faire sinon se relever et continuer......malgré tout.yoann
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M
Tout est dit.