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Cher lecteur,

Exceptionnellement, nous nous adresserons à toi directement : ce site n'est en aucun cas une biographie de Victor Hugo. Alors si tu pensais trouver ici la vie de notre Totor national en long, en large, et en travers, passe ton chemin !

 

Pour bien comprendre les propos de nos deux protagonistes :

1° Des caractères gras de couleur bleue quand Victor s'adresse à Mirabelle

2° Une police des plus classiques quand Mirabelle s'adresse à Victor

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Un Mot Au Vol ?

Papotage Archivé

Opinion


Et si vous nous faisiez part de votre opinion ?


Victor mène l'enquête.

Parce que Mirabelle se le demande !




personnes ont écouté la conversation entre Mirabelle et Victor depuis leur rencontre.


Aujourd'hui, à :

il y a personne(s) qui papote(nt) avec Mirabelle et Victor.


La requête de Victor :

  • Parce que Mirabelle et moi-même aimons beaucoup de gens... Allez donc jeter un coup d'oeil à notre tour de tables !
 

Nos recommandations :

  • Un clic et vous y êtes... Si vous souhaitez quelques conseils pour guider votre lecture, bien entendu !



Lexique IUFMesque à l'usage des non-initiés :

  • Mirabelle, dans son infinie bonté, a daigné me proposer (ainsi qu'à toi, ô lecteur non affilié à l'Education Nationale !) un lexique de rattrapage, sensé me donner les repères indispensables à la compréhension de deux rubriques.


18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 08:02

Mon cher Victor,

ventre

Bonjour ma petite chérie, comment vas-tu aujourd'hui ? Tu ne pleures pas, c'est bien, mais tu as l'air si triste ! Les larmes ne signifient pas tout, Victor, je ne pleure plus effectivement, j'ai passé 70% de la journée d'hier à ça et ce matin, je me réveille déçue, amère, mais pas une larme. Il va te falloir du temps, même si cet enfant n'était qu'un embryon, tu... Ce n'était même pas un embryon, Victor, il n'y avait rien d'autre qu'un sac. Ah oui, c'est vrai, excuse-moi ma petite chérie. Mais cela n'empêche pas que tu t'étais projetée, que tu l'avais imaginé, la grossesse était arrêtée sans que tu t'en doutes et pour toi, c'était déjà un enfant, c'est tout naturel.

Je suis tombée enceinte au bout de mon deuxième cycle sans pilule : c'est rapide, et j'en étais fière. J'avais environ 13% de chances que la grossesse n'aboutisse pas, 13% de chances de faire une fausse couche, et malheureusement, c'est tombé sur moi, j'étais dans ces 13% là. Après le chagrin, vient l'incompréhension, puis la honte, la culpabilité. Je sais que ce n'est pas ma faute, tous ceux qui, autour de moi étaient au courant (et heureusement, il y en a peu), me le répètent : "Mirabelle, ce n'est pas ta faute, ce sont des choses qui arrivent". Qu'il est difficile pour moi d'accepter cela, Victor, d'accepter que c'est le hasard des "anomalies chromosomiques", d'accepter que cela soit tombé sur moi, sur nous, les rêves brisés en plein vol, les questionnements à n'en plus finir, pour comprendre, mais il n'y a rien à comprendre, m'a-t-on dit, il faut juste laisser glisser, laisser faire, laisser partir.

Je pense aux autres femmes. A ces deux amies, enceintes pour la première fois, pour qui tout se passe idéalement. Pourquoi elles ? Pourquoi moi ? Pourquoi pas moi ? Je suis jalouse des autres femmes, avec leurs ventres ronds, jalouses qu'elles aient en elle un embryon, un foetus qui se développe, qui grandit, un battement cardiaque à l'échographie. Je leur en veux, elles ne sont pas responsables, elles ont de la chance, je n'en ai pas eu, c'est comme ça. Elles ne savent pas ce que c'est d'attendre plus de deux heures aux urgences, la peur au ventre, d'avoir, le matin même, flairé que quelque chose clochait, de s'être pourtant agrippée à l'espoir durant toute la journée. Elles  ne savent pas que le monde s'écroule, elles ne savent pas le traumatisme devant les mines désolées des internes, elles ne savent pas comme il est difficile de répondre aux questions, de dire au revoir poliment, de traverser le couloir vers l'ascenseur, comme il est difficile de tenir debout, de marcher, de parler. Surtout, ne pas pleurer, ne pas pleurer devant tout le monde. Elles ne savent pas et j'espère pour elles qu'elles ne sauront jamais. 

Je n'ai pas été capable de mener ma première grossesse jusqu'au bout. Il ne faut pas formuler les choses ainsi, Mirabelle, tu n'es en rien responsable ! Je le sais bien, Victor, mais le sentiment de culpabilité, de honte, est là, tout au fond : l'impression de ne pas être comme les autres femmes, de ne pas être une VRAIE femme. Pauvre Mirabelle qui a fait une fausse couche... Non, vous vous trompez, je n'ai même pas fait de fausse couche ! L'anomalie est toujours là, en moi, immobile, le sac est toujours là, vide, désespérement vide, et je voudrais pouvoir m'ouvrir moi-même le ventre pour me l'enlever, je voudrais "expulser tout cela", je ne peux pas, cela reste, immobile, en moi, comme un refus. Ohé, mon corps, réveille-toi, tu ne peux pas garder tout ça, c'est fini, cela ne sert à rien de s'accrocher, il n'y aura pas de bébé, c'est fini, rends tout, s'il te plaît, rends tout, je n'en peux plus, je ne veux plus de tout cela en moi. 

Demain, je n'irai pas au travail. J'en suis bien incapable. Faire comme si, passer ma journée avec des petits loups de trois ans, aussi mignons soient-ils, assister au défilé des adorables petits frères, des craquantes petites soeurs qui accompagnent leurs parents le matin, je ne peux pas, je ne peux pas quand j'ai en moi un sac vide, et un enfant qui n'est même pas mort, qui n'était même pas vivant, qui n'existe pas, qui n'existera jamais. Je ne peux pas. A la place, je retounerai sans doute aux urgences pour qu'ils "fassent le nécessaire". Il paraît que c'est spectaculaire. Une petite pilule à avaler et hop, beaucoup de sang, énormément de sang, des caillots gros comme un poing, des maux de ventre atroces, jusqu'aux contractions. S'il faut cela pour que cela se termine, peu m'importe, je ne supporte plus les symtômes de femme enceinte, les seins qui font mal, les nausées, quand je sais que plus rien n'évoluera.

La réalité me fait mal, je ne la comprends pas. Pourquoi moi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que je pourrai un jour mener une grossesse à terme ? La réalité est incompréhensible, elle donne puis reprend tout, je déteste la réalité qui est mon quotidien depuis vendredi, je la déteste, c'est un cauchemar, je vais me reveiller, mais non, je ne me réveillerai pas, je suis déjà réveillée.

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commentaires

mauricette 02/10/2011 00:28



Je suis régulièrement ton blog que j'aime beaucoup en tant que jeune PE.


Nous avons ainsi débuter, par hasard, à peu près au même moment notre aventure de la grossesse. Ton message me touche particulièrement car je me sens en ce moment pareil, et que malheureusement
je n'ai pas pu avoir la joie de ton dernier post: fausse couche à 12 semaines, très dur  encaisser et exactement les mêmes réflexions que toi: pourquoi moi alors que les autres y arrivent ?
Tomber enceinte j'y arrive mais arriverai-je à mener à bien une grossesse et pouvoir tenir mon petit bout un jour ? Bref pas très gai même si je me botte les fesses pour aller de l'avant ... Je
pense que seule la grossesse qui aboutira pourra me faire oublier tout ça ...


Donc toutes mes félicitations, profite c'est super ce qui t'arrives ! Pour ma part, ça fait du bien de voir que je ne suis pas seule à réagir ainsi dans un moment difficile, et je me dis qu'il
n'y a pas de raison, un jour ça roulera aussi pour moi ! Donc merci de partager avec nous, et plein de bonheur pour cette grossesse !



maryline 18/09/2011 19:44



Mirabelle ça fait bien longtemps que je n'ai pas ecrit ici, parce que tu t'es faite rare, mais je continue à te lire, et je suis touchée par ta tristesse. J'ai seulement envie de te dire que
bientôt ça ira mieux, tu es très jeune et tu as plein de temps pour recommencer et avoir une grande famille.


Bien que n'ayant pas d'enfant, j'ai vécu ce choc à travers ma meilleure amie. J'etais avec elle à l'hopital pour les 1° examens de routine et quand elle a appris la terrible nouvelle, son bébé ne
respirait plus, c'etait une fausse couche. Elle et son mari ont pleuré, c'est normal, et les 1° jours ils ne pouvaient même pas en parler, je me sentais impuissante, j'ai planqué leurs bouquins
sur la grossesse. Puis ils ont repris leur vie et maintenant ils ont 2 beaux enfants en pleine santé, un garçon et une fille. Je te souhaite la même chose, et je suis même persuadée que cela
arrivera dans quelques mois, quand ton corps sera pret. Bises.



Celine 18/09/2011 14:18



Rosa a raison, tu te fais du mal pour rien à comparer à des grossesses qui, certes débutent bien, mais sans savoir la suite.


Tu es jeune, tu es tombée enceinte au 2e cycle, ça veut dire que tu n'auras aucun souci à à nouveau tomber enceinte. Bien sûr, pour le moment, tout ceci est en stand-by parce que pour avancer, il
va falloir que ce sac vide ne soit plus en toi. Tu es déçue, énormément, et toutes les femmes, enceintes ou non, peuvent le comprendre. Tu n'es en rien responsable. C'est la nature... Combien de
femmes attendent pendant 1, 2 ou 3 ans voire 10 ans... ?


Ce petit bébé, ce Mini Vous, vous l'aurez, ça ne fait aucun doute. Les hormones jouent aussi beaucoup sur ton état d'esprit, mais n'en veux pas aux autres futures mamans car elles n'y sont pous
rien, et même avec un embryon, futur enfant, elles stressent de pouvoir mener à terme leur grossesse, ce stress dure jusqu'à la naissance...


Ne sois pas si dure avec toi-même, tu l'auras ce beau bébé !!!



Rosa Negra 18/09/2011 13:17



Tu sais, il y a des femmes qui font une fausse couche. Plusieurs, même, parfois. Et peu importe le stade de leur grossesse, c'est pour elles une fausse couche quand même. Et puis un jour il est
là, leur bébé, celui qui change tout. Il ne faut pas désespérer.


 


Quant au fait que tes amies aient des grossesses qui se passent bien, ne t'y fie pas. Combien perdent leur bébé en cours de route ? Combien découvrent proche de l'accouchement que leur bébé est
en fait mort en elles, récemment ou non. Combien mettent au monde un enfant qui ne survit pas ? Tu devrais peut-être essayer d'éviter de comparer ta souffrance à ce que tu penses être le bonheur
des autres, parce que là tu te fais du mal toute seule.



Cristophe 18/09/2011 09:40



Victor a raison : nulle honte, nulle culpabilité à avoir !  Mais de la patience et de l'espoir, et cet espoir n'est pas un espoir insensé...