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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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Tarte et salades de Sophie

Mon cher Victor,

L'amitié, c'est tout de même une bien belle chose ! Pourquoi dis-tu ça de ce ton ? On croirait que tu viens de le découvrir ! Disons plutôt que je le redécouvre. Vraiment. J'avais quelque peu oublié ces derniers temps combien l'amitié est gaie, drôle... Pas forcément toujours ! Oui, je sais, j'ai eu d'ailleurs tendance, bien souvent dans ma vie, à la prendre trop sérieusement. Mais là... Je redécouvre la légèreté, l'humour et surtout la sensation que tout va s'arranger. Et il suffit de pas grand chose, comme hier soir. Eh bien raconte-moi cette soirée, tu en meurs d'envie !

J'ai noué de bonnes relations avec certaines personnes à l'IUFM. Aurélie, Aurélia, Sophie... A mon grand étonnement, car d'habitude, comme je suis assez discrète, je passe facilement inaperçu. Mais cette année, je parle avec tout le monde, fait exceptionnel ! A un tel point que ma vie sociale se développe peu à peu... Pour preuve : hier soir, c'était dîner chez Sophie. Au menu, proposé via MSN : une tarte jambon-gruyère-tomates-moutarde, que Sophie est censée me préparer dans l'après-midi. Mais quand elle passe me prendre à la maison, vers 19h45, elle m'avoue que...

 Misère ! Elle n'a pas eu le temps de faire la fameuse tarte et me voilà, une fois chez elle, à couper des lamelles de jambon pendant qu'elle tente de rattraper les quelques tomates qui ont roulé sous la table. Impossible de couper correctement, mon couteau tremble sous l'effet du fou rire, que Sophie partage avec moi bien évidemment, à quatre pattes sous la table de la cuisine et à deux doigts de se cogner. Parties comme nous sommes, nous ne tardons pas à dériver et nous récitons bientôt les dialogues des "Bronzés font du ski", en proie à d'incontrôlables "crampes abdominales". Je ris, je ris, et mon dieu, que cela fait du bien ! Et pendant ce temps-là, la tarte n'avance pas bien vite, il faut l'avouer... Qu'importe, nous rions, et c'est tout ce qui compte.

Nous enchaînons avec l'apéritif : de l'acool, bien entendu ! Sophie me sert généreusement, et sans me demander mon avis, ce qui bientôt me fait tourner la tête. Nos conversations, cependant, restent extrêmement sérieuses, malgré mes bafouillis de plus en plus notables : concours, formation à l'IUFM, l'année de PE2... Et j'ai l'agréable sensation de l'oublier un petit peu. Oublier qui ? Johan, pardis ! De qui veux-tu donc que je parle en ces termes ?

Tu sais, Victor, j'ai appris quelque chose pendant cette soirée... Quoi ? Que tu pouvais vivre sans lui ? Humm... Oui, mais je ne pensais pas à ça. C'est quelque chose de plus... matériel. Je déteste les devinettes ! Allez, dis-moi ! J'ai appris à ouvrir une bouteille de cidre ! Je t'avoue, Victor, que je ne l'avais jamais fait, et il se trouve que Sophie non plus, d'où là encore, une crise de rire interminable. Rends-toi compte : deux professeurs des écoles potentielles pas fichues d'ouvrir une bouteille de cidre... Oui, effectivement, cela devait être assez drôle... Elle me tend la bouteille comme s'il s'agissait d'une bombe à retardement :

- Tu veux bien le faire ? Moi, je ne l'ai jamais fait, et ça me fait peur quand le bouchon saute...

- C'est à dire que... Moi non plus, je ne l'ai jamais fait.

- Tu veux bien le faire quand même ?

A nous voir toutes les deux mi-inquiètes mi-amusées, je suis soudain prise d'un rire qui m'avale toute entière : je tremble, me plie en deux, la bouteille tremble et elle manque même de me glisser des mains ! Sophie préfère "faire ça dehors, on ne sait jamais", et fait coulisser la porte de la véranda en me poussant dehors, dans le froid : "Allez vas-y, vas-y, je te regarde !"

Et alors ? Vous l'avez débouchée cette bouteille ? Oui, j'ai réussi ! Bon, c'est vrai, il m'a fallu dix minutes... Mais attention, Victor, ne te méprends pas : si j'ai mis autant de temps, ce n'est absolument pas parce que j'ai eu du mal mais parce que je riais tellement que j'étais incapable de me concentrer ! Voyez-vous ça... Non, mais c'est vrai !

Après le repas, Sophie et moi étions censées regarder "les Bronzés font du ski". C'est quoi ce film ? Je ne suis pas très au point sur ton ce qui est "nouveautés artistiques du XIXème siècle"... Ce n'est pas grave. De toute façon, ce n'est pas de ta génération...

Sophie cherche la cassette pendant environ vingt minutes pour ne trouver finalement que "les Bronzés" : nous nous rabattons donc sur le premier volet. Mais soudain...

- Ahh ! Pourquoi ça s'arrête ?! Ah non, ah non !

- C'est la fin de la cassette ! Vous n'aviez pas tout le film ?

- Attends, je vais rembobiner un petit peu pour voir...

Et elle eut beau rembobiner trois fois, il lui fallut se rendre à l'évidence : nous ne verrions pas la fin du film ! Pas de chance... Oui, comme tu dis ! Et ensuite ?

Ensuite, une petite tisane, et elle me ramène chez moi. C'est tout ? Oui. Mais je n'avais pas besoin de plus. Je me suis couchée sans me trop me tourner dans mon lit, sans trop penser à lui. J'étais détendue. Apaisée.

Victor, me permets-tu de faire passer un petit remerciement ? Mais je t'en prie !

Merci les copines ! 

Ce n'était pas grand chose... Ne t'y fies pas, Victor ! C'est synthétique certes, mais ô combien sincère... 

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C
eh oui il n'y pas mieux qu'une bonne petite soirée entre copines à matter des vieux films qui nous font toujours rire...pourquoi vouloir du sensationnel quand le simple est plus que suffisant...?
Répondre
M
Tout à fait d'accord ! Une bonne petite soirée entre copines peut faire des miracles !