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Ceci n'est pas une biographie de Victor Hugo, mais un brin de causette entre l'écrivain et Mirabelle, 22 ans,qui lui raconte sa petite vie mouvementée et tente de lui expliquer ce qu'est le monde au XXIème siècle.

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La drague de supermarché

Mon cher Victor,

Mercredi soir, virée dans un bar dansant de ma petite ville, en compagnie de collègues de l'IUFM. Bien éméchées par un apéritif arrosé (dont les effets sont encore palpables malgré une bonne assiette de spaghetti bolognaises !), nous voici donc sur la piste de danse : je suis déchaînée comme jamais, envahie par un irrépressible besoin de me défouler : ras-le-bol du concours, ras-le-bol de courir, ras-le bol du permis, ral-le-bol de l'amour, ras-le-bol de tout ! Ah...Un ras-le-bol généralisé en effet ! Tu me fais craindre pour la suite... Tu n'as pas fait de bêtises au moins ? J'ai juste embrassé un type que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, puis j'ai dormi chez un illustre inconnu aussi imbibé que moi ! Quoi ?! Il faut te reprendre, Mirabelle ! Tu grimpes tout de suite, mon Victor, c'est fou, ça ! Très drôle... Ne te vexe pas. La plaisanterie n'était pas de très bon goût, je te l'accorde, mais il n'y a pas de quoi en faire une maladie non plus ! Enfin, si cela peut te rassurer, sache juste que je n'ai embrassé personne ni quoi que ce soit de plus intime ! Passons, passons... Dis-moi, pourquoi ces cochons ? J'aime quand tu me recadres, Victor...

Aujourd'hui, je voudrais m'interroger sur le monde si particulier des bars de nuit. Parce que vraiment... Ca me pose question. Tu sais, Victor, je ne vais pas souvent danser, mais j'ai pris la décision que la petite Mirabelle dans ses chaussons douillets, devant la télévision et avec son plaid de grand-mère, c'était terminé ! Si tu veux changer de cap, cela peut se comprendre... C'est pourquoi hier soir, je me suis comme qui dirait "éclatée sur la piste de danse". Gwenaëlle, une collègue de l'IUFM, elle aussi séparée de son copain (ça crée des liens), était dans les mêmes dispositions que moi, d'où une frénésie particulièrement clownesque. Et bien sûr, trois nanas SEULES qui font les folles, cela ne passe pas inaperçu, tu peux me croire ! Ni une ni deux, trois mâles de type africain nous abordent sans trop de cérémonie, comme si nous n'étions que de vulgaires morceaux de viande (pardonne-moi l'expression) : je te passe les détails du genre mains baladeuses et bouche qui s'approchent un peu trop près de la tienne... Pouah... J'en suis déjà tout dégoûté ! Et tu t'es laissée faire ? Pas toujours. Ce qui est sûr, c'est qu'en général, j'avais hâte que la chanson se termine. Et que j'avais tendance à me décaler le plus possible quand un spécimen me collait un peu trop ! Il faudrait savoir ce que tu veux... J'imagine qu'on ne vient pas dans ce genre d'endroits pour y faire du tricot !

Que veux-tu... Je suis ainsi. La bestialité de ce genre d'endroits me laisse perplexe. Et quand on m'agrippe par la taille sans me demander mon avis, ma première réaction est toujours de protester. Je veux qu'on me respecte. Et à ce que je sache, les femmes ne sont pas du bétailJe les voyais tous, là, à observer nos déhanchements, à faire leurs petits commentaires, à nous déshabiller du regard. J'ai l'impression qu'on nous conçoit, nous, les femmes, comme des pièces de boucherie se trémoussant sur une piste, avec des étiquettes "Premier Choix", "Deuxième choix", "Troisième choix"... Pourquoi vas-tu dans ce genre d'endroits alors ? Je commence à te connaître, Mirabelle... Tu cherches l'Amour, le grand, le vrai, et là... Penses-tu que ce soit le genre de lieu approprié pour trouver le prince charmant ? Alors disons que j'essaie simplement de m'adapter à la réalité. La réalité ?

Il paraît que c'est ça, la vie. Un grand marché de l'amour. Qu'il faut l'accepter tel quel. Que chacun tente sa chance, en y mettant ou non les formes. Ca me gêne un peu, je dois dire... Même si ce genre de relations n'était pas concevable à mon époque (enfin, avec toi, j'apprends les moeurs d'aujourd'hui), j'estime que tu devrais pourtant t'en satisfaire ! Tu disais chercher une histoire de transition ! Cela n'empêche pas que j'ai besoin de me sentir respectée. Et je suis désolée, des mecs baveux, en manque, qui te pelotent sans même te regarder, sans même prendre le temps de te demander ton prénom, je trouve ça révoltant ! Et pour moi... Ce sont des cochons. D'où la photographie ? D'où la photographie.

Et tu sais le pire, dans tout ça, mon Victor ? Non, mais tu ne vas pas tarder à m'en faire part ! C'est qu'il y a aussi des cochonnes. Ca me fait mal de l'avouer mais parfois, les femmes ne valent vraiment pas mieux que les hommes... Et sur quoi t'appuies-tu pour l'affirmer ? Une fille s'approche de notre groupe et nous demande si nous sommes célibataires. Moi, évidemment, comme je suis en période "d'acceptation de l'échec", je hôche la tête. Et là, voilà ce qu'elle me dit :

- Ca tombe bien ! J'ai deux copains là-bas qui sont célibataires et qui ont super chaud ! Ils ont très soif !

- Ah... Il se trouve que je n'ai pas soif du tout en ce qui me concerne.

- Ah bon ? Tu es sûre de toi ?

- Certaine. Vraiment pas soif du tout.

- Ohhh... Tu as été dégoûtée par les mecs, toi !

 

Grrrr... Je l'aurais giflée !! Je m'en doute...

 

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N
Bonjour Mirabelle. Tout d'abord, j'adore ce double jeu avec Victor, c'est vraiment amusant comme style. Un grand bravo à toi. Voilà pour mon avis en tant que premier commentaire :-)Bon, concernant les "boites", je pense tout d'abord que cela dépend des boites.Après quand tu dis : après tout, si moi je viens dans ce genre de bars pour danser et m'amuser avec mes copines, pourquoi certains garçons ne feraient pas pareil ?Les garçons justement se disent que cela ne sert à rien d'aller là où il n'y a que des crétins (se faire rembarer après qu'un crétin soit passé, c'est pas top), ou des allumeuses (je te chauffe, je te chauffe, puis rien au bout) ou des filles sans intérêt qui couchent avec toi en regardant plus ton bas ventre qu'autre chose.En gros, t'y vas pas.Perso, j'aimerais bien inventer un lieu pour ceux qui n'aiment pas les boites, où il n'y aurait rien de tout ça, et où pourtant on pourrait danser, boire (si on veut) et s'amuser, sans gros relou... mais ça ne serait pas une boite...J'avais lu quelque part que 50% des jeunes (de 15-35 ans ptet) allaient en boite. Cela fait donc 50% qui n'y vont pas...Moi je dis qu'il y a un gros filons, car ces 50% n'y vont pas plus par dégoût qu'autre chose.Qui veut créer ça avec moi ? (lol)Bisous Mirabelle.
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M
Bienvenue sur ce blog, Nil ! Oui, bienvenue ! <br /> Merci pour tous ces compliments. Ton commentaire m'a fait penser que j'avais lu un article très intessant de Milan sur le sujet, qui disait qu'il regrettait qu'il n'existe pas d'endroits pour les gens qui n'aiment pas les boîtes (dont je continue à faire partie, n'ayant franchi le pas que deux fois dans ma courte vie) puissent tout de même se rencontrer de manière moins "bestiale". Il faudrait voir si on peut créer ça tous emsemble, qui sait ? ;-)
K
Vaste sujet que voilà.  A la base, il ne faut pas oublier que nous sommes des animaux. Nous obéissons à des pulsions (le désir)qui permettent à l’espèce de se perpétuer et à d’autres pulsions (la faim) qui permettent à l’individu de survivre. En quête de spiritualité permanente, les êtres humains ont inventé le romantisme, sujet passionnant et qui leur permet de s’extirper de cette animalité insupportable ! Pauvres mortels qu’ils sont, ils errent entre la nécessité ontologique et la nécessité phylogénique.  Que l’autre devienne un objet sexuel, un potentiel de consommation, un moyen pour atteindre un objectif privé ou professionnel  est un acte de réification, c’est à dire,  qui consiste à le transformer  en chose. A chacun de prendre conscience qu’il doit recréer les valeurs de la spiritualité, lui même, et à chaque instant car je ne pense pas qu’elles soient inscrites au ciel prêtes à nous tomber dans le bec. La démarche qui consiste à l’évoquer sur un blog est déjà un acte romantique, un acte de sublimation, dans l’acception psychanalytique du terme, une démarche qui vise à percevoir la beauté des fleurs du mal par la beauté de l’écriture. Et bien donc, Mirabelle, observe cette humanité dont tu fais partie comme un historien le ferait, sors du système quand tu écris et  décris-nous le monde avec humour, brio et panache, espèce de hérisson à fleur de peau. Et danse juqu'au bout de la nuit en communion avec tes copines car à ce moment là, vous serez toutes en train de pulser à l'unisson en communication avec les étoiles!
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E
ah, le jour où on sera vieille, on regrettera ces moments de drague, aussi lourds soient-ils... enfin, je pense !
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M
C'est fort possible, c'est vrai ! Et j'avoue que je n'ai pas hâte d'y être ! :D
L
Mirabelle, et bien, moi, ça me fait bien plaisir que tu sois allée danser... C'est une très bonne chose que d'aller onduler on the dance floor... J'adoooooore ça (mais avec les Loutres, j'y vais moins qu'avant - et puis l'âge aussi !!!). C'est vraiq ue les hommes sont parfois un peu limites, mais il suffit de les ignorer... Ils ne sont pas tous comme ça. D'un autre côté, moi je trouve ça plutôt valorisant de se faire reluquer. Il ne faut pas avoir trop peur de cette féminité qui émane de nous, parfois malgré nous... Les boîtes de nuit, il est vrai, ne sont pas le meilleur endroit au monde pour que l'on s'intéresse au contenu de ton cerveau avant l'aspect de tes fesses... Mais nous sommes AUSSI des paires de fesses et c'est bien aussi...
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M
C'est vrai, c'est vrai, nous sommes aussi une paire de fesses ! Mais je me sens toujours plus flattée si on s'intéresse à mon cerveau ! :D
C
eh oui mirabelle, les boites sont de véritables rendez vous à cons en général (et je parle pour les 2 sexes)... bon après tout dépend des boites aussi mais c'est sur que ce n'est pas en soirée étudiante que le tri est fait à l'entrée!!! en tout cas je suis contente que tu te sois décidée à sortir et profiter de ta jeunesse!! bizoux
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M
Eh bien, tu ne mâches pas tes mots, toi ! :D